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Café instantané et risque accru de DMLA : ce que dit l’étude
Une vaste cohorte, regroupant 502 535 participants britanniques suivis dans le cadre de UK Biobank, a été analysée pour évaluer l’influence du café instantané sur la santé oculaire. À chaque augmentation d’un écart-type dans la consommation de café instantané, le risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) sèche était multiplié par 7,92. Autrement dit, chez certaines personnes, une consommation régulière pourrait suffire à modifier l’équilibre visuel en faveur de la forme sèche de la maladie. Le lien n’a pas été observé avec le café moulu ni avec le café décaféiné.
Les chercheurs suggèrent que cet effet pourrait être lié aux procédés industriels utilisés dans la fabrication du café instantané. Ils précisent qu’il existerait une connexion de causalité génétique entre la consommation de café instantané et un risque accru de DMLA sèche.
Un mécanisme potentiellement spécifique au café soluble
Les résultats se fondent sur l’analyse des données et des habitudes de consommation des participants, en neutralisant les biais liés au mode de vie. Le lien avec la DMLA sèche se révèle clairement dans ce cadre, tandis que les types de café traditionnel (moulu ou décaféiné) ne présentent pas la même association.
Cette distinction laisse penser que certains composants ou procédés propres au café instantané pourraient jouer un rôle dans le processus dégénératif, plutôt que le café en tant que boisson en général.
Ce qui inquiète les chercheurs dans le café instantané
Le café instantané passe par une transformation thermique intense qui libère divers composés chimiques potentiellement nocifs pour l’organisme. Parmi eux, les produits de glycation avancée (AGEs), l’acrylamide et des lipides oxydés retiennent particulièrement l’attention. Ces molécules sont soupçonnées de provoquer un stress oxydatif chronique dans la rétine, une fine couche de cellules photoréceptrices extrêmement sensibles aux altérations chimiques.
Ce stress oxydatif peut déclencher une inflammation locale persistante, endommageant progressivement les photorécepteurs responsables de la vision centrale. Les auteurs estiment que ces composants pourraient jouer un rôle déclencheur dans le développement de la forme sèche de la DMLA.
Qui est surtout concerné et comment réagir face à ce risque ?
- Le risque serait influencé par le profil génétique. Certaines mutations connues augmentent fortement le risque de DMLA, même en l’absence de café instantané.
- En présence d’antécédents familiaux de DMLA ou de premiers signes de perte de vision centrale, une vigilance accrue est recommandée.
- Les auteurs invitent à privilégier le café moulu ou filtré, qui n’a montré aucune association avec la DMLA dans les analyses, afin de réduire les incertitudes liées au café instantané.
Cette étude ouvre la voie à de futures recherches sur les effets à long terme des aliments transformés riches en AGEs et en acrylamide, et leur éventuel lien avec les pathologies dégénératives.