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Un enregistrement audio et une enquête anticorruption ont propulsé Yulia Tymoshenko au cœur d’un scandale qui menace la cohésion politique en temps de guerre. Accusée d’avoir acheté des voix au Parlement, l’ancienne Première ministre ukrainienne dénonce une manœuvre destinée, selon elle, à l’écarter d’une future présidentielle. Cette affaire — souvent résumée dans le débat public par les mots Tymoshenko corruption Ukraine — ravive les tensions entre l’opposition et le président Volodymyr Zelenskyy, alors même que le pays affronte une offensive russe prolongée.
Accusations et éléments matériels
Les enquêteurs anticorruption ont perquisitionné pendant douze heures les bureaux du parti de Tymoshenko et rendu publique une conversation où elle apparaîtrait en train de négocier des paiements pour des votes parlementaires. Sur l’enregistrement, en russe, Tymoshenko dit notamment : « Si nous nous mettons d’accord aujourd’hui, on enregistre qui est avec vous… et je vous paierai. »
Les autorités affirment qu’il ne s’agit pas d’opérations ponctuelles, mais d’un mécanisme régulier impliquant des avances et des consignes de vote, y compris d’abstention. Selon les enquêteurs, l’objectif visé par ces manœuvres était de bloquer la nomination de nouveaux ministres, notamment à la Défense et à l’Énergie.
Contexte politique et réactions
Figure emblématique de la Révolution orange et ancienne cheffe du gouvernement, Tymoshenko a connu une trajectoire politique marquée par des revirements idéologiques et une popularité fluctuante. Malgré son profil médiatique, les sondages la donnent à seulement 3–4 % d’approbation, la plaçant loin derrière le président Zelenskyy en cas d’élection.
Pourtant, Tymoshenko soutient que l’enquête vise à l’empêcher de concourir, même si les élections sont pour l’instant interdites en raison de l’état de guerre. Elle a été placée sous caution à hauteur de 33 millions de hryvnias et se voit interdite de quitter la région de Kyiv ; un tribunal doit prochainement se prononcer sur le gel éventuel de ses avoirs.
Impact sur la gouvernance en temps de guerre
La crise intervient à un moment critique : l’exécutif peine à faire adopter des nominations jugées essentielles pour la gestion de la défense et de l’énergie. La Verkhovna Rada n’a pas encore validé la nomination d’un nouveau ministre de l’Énergie, alors que des coupures massives et récurrentes affectent le pays après des frappes ciblées contre les infrastructures.
Des voix militaires et des analystes dénoncent l’obstruction. Un ancien haut responsable militaire a qualifié de « crime outrageant » le fait de retarder la nomination d’un ministre de la Défense en pleine guerre. De leur côté, des observateurs politiques estiment que la dissidence de Tymoshenko fragilise déjà la majorité présidentielle et ralentit la prise de décisions stratégiques.
Enjeux pour Zelenskyy et pour les institutions anticorruption
Les autorités anticorruption ont également poursuivi des alliés et des députés proches du président, ce que certains interprètent comme la preuve de leur indépendance. Néanmoins, la série de mises en accusation risque de polariser l’espace politique et d’affaiblir la coordination entre pouvoir et opposition à un moment où l’unité nationale est cruciale.
Certains analystes jugent improbable que Tymoshenko redevienne une rivale sérieuse de Zelenskyy compte tenu de ses faibles intentions de vote. D’autres soulignent en revanche que la controverse alimente l’attention médiatique sur les organes anticorruption et pourrait ralentir davantage la gouvernance parlementaire dans les semaines à venir.