Accueil ActualitéBangladesh accuse l’Inde après le discours public de l’ex-PM Hasina

Bangladesh accuse l’Inde après le discours public de l’ex-PM Hasina

par Sara
Bangladesh, Inde

Le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh a déclaré être « surpris et choqué » qu’on ait permis à l’ancienne Première ministre en fuite, Sheikh Hasina, de tenir un discours public en Inde, pays où elle s’est réfugiée en 2024. L’événement, présenté comme la première intervention publique d’Hasina depuis son éviction, a provoqué une réaction officielle très vive à Dacca. Hasina discours Inde a ainsi relancé les tensions diplomatiques entre les deux voisins à quelques semaines d’une élection nationale cruciale.

Le discours et son contenu

Un enregistrement audio de l’intervention a été diffusé devant une salle comble au Foreign Correspondents’ Club de New Delhi et retransmis en ligne, rassemblant plus de 100 000 spectateurs. Dans cet enregistrement, Hasina a qualifié le chef du gouvernement intérimaire, Muhammad Yunus, de « fasciste meurtrier » et a assuré que le Bangladesh « ne connaîtrait jamais d’élections libres et équitables » sous sa direction. L’adresse visait clairement à mobiliser ses partisans et à dénoncer la légitimité de l’exécutif intérimaire en place. Les propos, tenus depuis son exil, ont été perçus comme des appels à la résistance politique par une partie de l’opinion.

Réactions officielles à Dacca

Dans un communiqué publié dimanche, le ministère des Affaires étrangères a condamné le fait d’avoir « autorisé l’événement dans la capitale indienne » et d’avoir « laissé Hasina, qualifiée de tueuse de masse, y tenir ouvertement son discours de haine ». Les autorités bangladaises ont estimé que l’intervention constituait « une offense manifeste au peuple et au gouvernement » du Bangladesh. Le communiqué accuse par ailleurs Hasina d’avoir appelé au renversement du gouvernement intérimaire et d’avoir proféré des « incitations flagrantes » destinées à ses partisans et au grand public en vue de commettre des actes de terreur pour faire échouer le scrutin à venir.

Contexte politique et judiciaire

Sheikh Hasina, 78 ans, vit en exil en Inde depuis août 2024, après un soulèvement étudiant qui a mis fin à quinze années à la tête du pays. Sa longue période au pouvoir avait été marquée par des allégations de violations massives des droits, incluant agressions, détentions et assassinats ciblés d’opposants et de dissidents. En novembre, un tribunal de Dacca l’a condamnée à mort par contumace pour incitation, ordre de tuer et inaction lors de la répression de l’insurrection de 2024, épisode au cours duquel plus de 1 400 personnes ont été tuées selon les bilans officiels. Parallèlement, le parti d’Hasina, la Ligue Awami, est interdit de participation à l’élection après la suspension de son enregistrement par la commission électorale au mois de mai.

Enjeux diplomatiques et électoraux

Les autorités bangladaises estiment que l’autorisation de ce discours installe un précédent dangereux susceptible de « porter gravement atteinte » aux relations bilatérales avec l’Inde. Dacca affirme avoir demandé l’extradition d’Hasina, demande qui, selon le ministère, est restée sans réponse de la part de New Delhi. Le Bangladesh se prépare à organiser son premier scrutin général depuis la chute d’Hasina, fixé au 12 février 2026, dans un climat politique déjà fortement polarisé. Les favoris de la course sont le Parti nationaliste du Bangladesh et une coalition conduite par le Jamaat-e-Islami, ce qui laisse présager une campagne électorale tendue et lourde de conséquences pour la stabilité régionale.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/25/bangladesh-slams-india-over-fugitive-ex-pm-hasinas-first-public-address

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire