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Minneapolis: agents fédéraux et accusations de fascisme

par Sara
États-Unis

Minneapolis traverse une période qualifiée de « scène de terreur » après le déploiement massif d’agents fédéraux dans la ville du Minnesota, une intervention que certains observateurs assimilent à l’expression d’un « visage du fascisme » sous l’administration de Donald Trump.

Témoignages sur le terrain

Sur place, le chef du bureau de la presse britannique à Washington, David Smith, rapporte avoir entendu une conversation entre deux agents fédéraux lourdement armés, masqués et en tenue tactique, qui faisaient face aux manifestants. L’un d’eux aurait dit à l’autre : « C’est comme Call of Duty. Vraiment impressionnant, non ? ». Cette réplique, venue de membres des forces présentes, a choqué des témoins et renforcé l’image d’une militarisation des rues.

Les agents déployés comprenaient notamment des éléments de services d’immigration et de protection des frontières. Leur présence a été observée non loin des lieux où plusieurs fusillades récentes ont eu lieu, dont la mort de Renee Nicole Good début janvier et, plus largement, dans une ville marquée par l’héritage de la mort de George Floyd en 2020.

Une stratégie de représailles politiques ?

L’analyse publiée dans la presse suggère que ce déploiement n’est pas aléatoire mais revêt un caractère politique. Selon cet angle, des villes dirigées par des élus démocrates et des communautés noires seraient visées, configurant une forme de « punition collective » qui rappelle les méthodes des régimes autoritaires pour affaiblir leurs adversaires.

Le Minnesota est ainsi présenté comme un terrain d’expérimentation de cette politique : État perdu à plusieurs reprises par le président, avec une importante communauté somalienne et des personnalités politiques influentes qui irritent la Maison-Blanche. Cette combinaison expliquerait, d’après certains analystes, l’intensité du dispositif fédéral dans la région.

Débordements et accusations

Sur le plan opérationnel, des incidents jugés contraires au droit ont été recensés : agressions contre des responsables locaux, arrestations de personnes se disant observateurs juridiques sans inculpation, usage de gaz lacrymogènes affectant des enfants, et détentions de citoyens extraits de leurs véhicules pour être interrogés. De plus, le simple fait de filmer les agents a parfois conduit à des accusations qualifiées d’« terrorisme intérieur » par des sources locales.

Un journaliste américain a résumé la situation en des termes très durs, estimant que « voilà à quoi ressemble le fascisme » et qualifiant la ville d’être sous une forme d’« occupation » d’agents à visée présidentielle. Le déploiement compterait près de 3 000 agents issus de différentes agences fédérales, un nombre supérieur à l’effectif cumulé des dix plus grandes forces de sécurité de l’État.

Risque d’escalade

Pour certains observateurs, la mort récente d’un citoyen, Alex Pretti, pourrait constituer une nouvelle « mèche » susceptible de raviver et d’amplifier les mobilisations, à l’instar de l’onde de choc provoquée par la mort de George Floyd. Ainsi, ce qui est présenté officiellement comme des opérations d’immigration prend, selon les critiques, la tournure d’une confrontation politique plus large.

Les avertissements se multiplient : des responsables étatiques et des analystes mettent en garde contre une trajectoire conduisant à une escalade plus grave si les pratiques en cours ne sont pas reconsidérées. À Minneapolis, l’atmosphère reste tendue et la perspective d’un bras de fer national sur la nature et les limites de l’intervention fédérale demeure au cœur du débat public.

source:https://www.aljazeera.net/politics/2026/1/26/%d8%aa%d8%ad%d9%84%d9%8a%d9%84-%d8%a8%d8%ba%d8%a7%d8%b1%d8%af%d9%8a%d8%a7%d9%86-%d8%a7%d9%84%d8%b1%d8%b9%d8%a8-%d9%81%d9%8a-%d9%85%d9%86%d9%8a%d8%a7%d8%a8%d9%88%d9%84%d9%8a%d8%b3

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