Accueil ActualitéGreg Bovino évincé à Minneapolis : Tom Homan prend la relève

Greg Bovino évincé à Minneapolis : Tom Homan prend la relève

par Sara
États-Unis

Greg Bovino, commandant principal de la Border Patrol devenu l’un des visages publics des opérations migratoires fédérales à Minneapolis, a été retiré de son rôle local, selon des informations concordantes. Cette décision intervient au cœur d’une vive controverse après deux fusillades mortelles impliquant des agents fédéraux dans la ville, qui ont entraîné une mobilisation et des interrogations sur les méthodes employées.

Un visage médiatisé de l’action fédérale

Depuis plusieurs mois, Greg Bovino occupait une place centrale dans la stratégie d’application des politiques migratoires menée par Washington. Il s’est fait connaître l’été dernier après avoir contribué à une vaste opération à Los Angeles ayant entraîné des milliers d’arrestations, puis en supervisant des actions similaires dans plusieurs villes dirigées par des responsables démocrates.

Par ailleurs, Bovino a développé une forte visibilité publique en partageant fréquemment des vidéos d’opérations et en répondant aux critiques sur les réseaux sociaux, un style qui a provoqué autant d’admiration que de vives critiques.

À Minneapolis, des images le montrant en manteau militaire long, interpellant des manifestants, ont alimenté la controverse et suscité des comparaisons parfois virulentes sur l’esthétique et la posture adoptées par les forces fédérales.

Les affaires de Minneapolis et la défense des agents

Les opérations conduites dans le cadre d’« Operation Metro Surge » ont été marquées par deux fusillades mortelles, d’abord celle de la manifestante Renee Nicole Good, puis celle d’Alex Pretti, infirmier en unité de soins intensifs. Ces événements ont placé les actions de la Border Patrol et d’ICE sous un examen public intense.

Après la mort d’Alex Pretti, Greg Bovino a publiquement défendu le comportement des agents, affirmant que la personne visée préparait selon lui un acte de grande violence contre les forces de l’ordre. Cette version a été contestée par des témoins, des responsables locaux et la famille de l’homme abattu, qui affirment qu’il tenait un téléphone et non une arme au moment des faits.

Parcours et origines de Greg Bovino

Né en Californie en 1970 et élevé en Caroline du Nord, Bovino a rejoint la Border Patrol en 1996, débutant sa carrière à El Paso, un point névralgique de l’application des lois à la frontière. Au fil des années, il a accédé à des postes de direction dans le sud-ouest puis dans des secteurs tels que la Louisiane.

Son intérêt pour les forces de l’ordre remonte à son enfance, selon les témoignages familiaux, et son ascension s’est accompagnée d’un profil public de plus en plus prononcé sous les récents mandats fédéraux.

Des éléments de son histoire familiale, rapportés par la presse, évoquent des épisodes judiciaires impliquant son père dans les années 1980. Ces détails ont été évoqués dans le cadre de portraits consacrés à sa trajectoire professionnelle et personnelle.

Un retrait contesté

Le Département de la Sécurité intérieure a démenti que Bovino ait été « licencié », précisant qu’il n’avait pas été relevé de ses fonctions. Néanmoins, il ne dirige plus les opérations d’ICE dans le Minnesota, selon les annonces locales et fédérales.

Tom Homan nommé pour prendre la relève

Le président a dépêché Tom Homan, désigné par l’administration comme son responsable des questions frontalières, pour prendre en charge les opérations dans le Minnesota. Homan, âgé d’environ 64 ans, est un haut fonctionnaire de l’immigration avec plus de quatre décennies d’expérience.

Ancien directeur des opérations d’exécution et d’expulsion d’ICE sous l’administration précédente, il a été distingué par une récompense présidentielle parmi les plus élevées pour les hauts fonctionnaires. Il avait d’ailleurs été invité à prolonger son service lors d’une transition ministérielle majeure en 2017, devenant une figure de proue de la politique migratoire des années suivantes.

Position et controverses autour de Tom Homan

Homan incarne une ligne dure en matière d’immigration et assume sans détour les politiques visant à cibler les personnes en situation irrégulière sur le territoire. Il a déclaré à plusieurs reprises que ceux qui sont présents illégalement devraient s’en inquiéter, estimant que l’application stricte de la loi est souhaitable.

Cependant, son parcours est également entaché d’allégations judiciaires plus récentes : en septembre 2024, il a été rapporté qu’un enregistrement le montrerait en train d’accepter une somme importante d’argent fournie par des agents sous couverture. Homan et l’administration ont nié ces accusations, tandis que des questions subsistent quant au déroulement exact des faits.

Une mission étendue au-delà de la frontière sud

La nomination de Homan à Minneapolis marque l’élargissement de ses prérogatives, désormais focalisées non seulement sur la frontière sud mais aussi sur des actions intérieures controversées. Cette décision intervient alors que la réponse fédérale aux manifestations et aux enquêtes locales est scrutée de près par les autorités et l’opinion publique.

Alors que les enquêtes et les débats poursuivent leur cours, le remplacement de Greg Bovino par Tom Homan illustre la volonté de l’exécutif de maintenir une stratégie ferme en matière d’immigration, malgré les tensions et les critiques générées par les récents événements.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/27/who-is-greg-bovino-the-face-of-trumps-minneapolis-crackdown

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