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La mort d’Alex Pretti, abattu par des agents de l’immigration à Minneapolis, a précipité une crise politique qui menace de conduire à un nouveau shutdown gouvernemental aux États-Unis. En quelques jours, des sénateurs démocrates ont conditionné leur soutien au financement du Department of Homeland Security (DHS) à l’inscription de garde-fous limitant l’usage de la force par les agences d’immigration.
Le contenu du projet de loi
Le texte en jeu regroupe six projets de crédits destinés à financer des pans majeurs de l’administration fédérale, pour un ensemble évalué à environ 1,2 trillion de dollars. Sont concernés, entre autres, la Défense, la Santé, l’Éducation, les Transports, le Logement, le Trésor et surtout le DHS.
Sans adoption de ce package, les services non essentiels de ces administrations s’arrêteraient, ce qui expose le pays à un arrêt partiel des activités gouvernementales.
Pourquoi le vote est bloqué
Le Sénat doit atteindre la barre des 60 voix pour faire passer la mesure dans cet hémicycle de 100 sièges. Les républicains disposent de 53 sièges et ont donc besoin d’au moins sept démocrates pour franchir le seuil.
Modifier le paquet de la Chambre, notamment pour dissocier le financement du DHS, implique des procédures sénatoriales lourdes et obligerait le texte à retourner à la Chambre pour une nouvelle vote. Or cette dernière est actuellement en congé et le Président de la Chambre n’entend pas la ramener à Washington pour un nouvel examen.
Montants et points de friction
La proposition contient des augmentations budgétaires ciblées pour les services d’immigration : environ 400 millions de dollars supplémentaires pour la détention liée à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et 370 millions de plus pour ses opérations d’application de la loi.
Ces montants s’ajoutent aux crédits conséquents déjà prévus l’an dernier, qui incluaient des fonds importants pour le DHS et des dotations pluriannuelles pour ICE, alimentant ainsi l’indignation des défenseurs des droits et de nombreux élus.
Le basculement provoqué par la mort d’Alex Pretti
Le décès d’Alex Pretti, citoyen américain, a profondément modifié la donne politique. L’indignation publique a été amplifiée par des déclarations administratives et des échanges sur les réseaux sociaux qui ont déformé les circonstances du drame, attisant la colère des élus et des militants.
Plusieurs sénateurs démocrates, initialement prêts à éviter un nouveau shutdown pour des raisons tactiques, ont annoncé qu’ils n’approuveraient pas le texte tant que des garanties claires sur l’usage de la force ne seront pas inscrites dans la loi.
Les exigences formulées par les démocrates
Parmi les réformes proposées figurent :
- l’obligation d’obtenir des mandats judiciaires pour certaines arrestations d’immigration ;
- la suppression des quotas de détention fixés par l’administration précédente ;
- l’exigence que les agents fédéraux s’identifient clairement et portent des éléments d’identification visibles ;
- l’interdiction de déployer les patrouilles frontalières dans les zones intérieures sans autorisation stricte ;
- la participation des autorités locales et d’État aux enquêtes sur les usages de la force.
Les responsables locaux du Minnesota se plaignent d’avoir été écartés des enquêtes fédérales concernant les récentes violences impliquant des agents d’immigration.
Un calendrier serré et des enjeux politiques lourds
Le Sénat dispose jusqu’à minuit vendredi pour trouver un compromis avant l’échéance qui ferait basculer l’administration dans un nouveau shutdown gouvernemental États-Unis. Le souvenir du shutdown record de 43 jours, survenu quelques mois plus tôt, pèse dans les décisions des élus.
À ce stade, peu de démocrates ont confirmé qu’ils soutiendraient le paquet tel quel ; un seul sénateur a publiquement dit qu’il voterait en faveur. Les républicains, majoritairement opposés à un arrêt des services, devront néanmoins composer avec la détermination d’une partie du camp démocrate à obtenir des garanties légales.
Ce qui reste à trancher
La question centrale est de savoir si le Congrès parviendra à inscrire des garde-fous contraignants pour encadrer les opérations d’ICE et des autres agences du DHS tout en évitant l’arrêt partiel des services fédéraux. Les négociations sont tendues et la moindre avancée pourrait trancher l’avenir immédiat des administrations concernées.
Dans l’immédiat, l’issue restera déterminante pour des milliers d’agents publics, des communautés locales et pour la crédibilité des institutions face aux accusations d’abus et d’impunité.