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Keir Starmer a achevé une visite de quatre jours en Chine marquée par un mélange d’avancées économiques et de critiques venues des États-Unis. Le président américain Donald Trump a qualifié ce rapprochement de « très dangereux », suscitant un débat intense à Londres sur les risques pour la sécurité nationale. La visite, la première d’un Premier ministre britannique à Pékin depuis huit ans, visait à relancer les échanges après une période de tensions prolongées.
Défense de la stratégie et rencontres bilatérales
Depuis son arrivée à Pékin, Starmer a défendu sa démarche en affirmant qu’il faut « gérer l’instabilité mondiale » tout en saisissant les opportunités économiques offertes par la Chine. Il s’est entretenu notamment avec le président Xi Jinping, qui a insisté sur la nécessité d’intensifier le dialogue et la coopération entre les deux pays.
Lors d’entretiens avec des médias britanniques, le Premier ministre a souligné que le rapprochement visait à protéger les intérêts économiques du Royaume-Uni sans négliger les discussions sur les sujets sensibles. Il a par ailleurs indiqué que la visite avait été préparée en coordination avec l’équipe du président américain.
Réactions de Washington et critiques à Londres
Donald Trump a exprimé publiquement son désaccord, qualifiant la visite de « très dangereuse » pour le Royaume‑Uni. Ces remarques interviennent dans un contexte de compétition accrue entre les deux grandes puissances économiques mondiales.
À Londres, la chef du Parti conservateur, Keirine (Kemi) Badenoch, a condamné la visite, estimant qu’il ne fallait pas « dérouler le tapis rouge » à un État accusé d’espionnage et de violations des règles commerciales internationales. Ces critiques reflètent les inquiétudes persistantes au sujet des implications sécuritaires d’un rapprochement trop marqué avec Pékin.
Levée partielle des sanctions et questions de droits humains
Starmer a annoncé depuis Shanghai que la Chine avait levé les restrictions imposées en 2021 à plusieurs parlementaires britanniques qui avaient critiqué la situation des droits de l’homme au Xinjiang. Selon le Premier ministre, Pékin lui a assuré que les interdictions de voyager ne s’appliqueraient plus aux parlementaires.
Ces mesures, qui avaient été prises en riposte à des sanctions britanniques et européennes, revêtent une portée surtout symbolique mais relancent le débat sur la manière d’équilibrer principes et intérêts économiques.
Accords économiques et investissements
À l’issue de la visite, Londres et Pékin se sont engagés sur une dizaine d’accords de coopération touchant la santé, les services et la lutte contre l’immigration irrégulière. Le gouvernement britannique a également annoncé un allègement des droits de douane sur certaines exportations de whisky.
- Contrats d’exportation de sociétés britanniques pour environ 3 milliards de dollars sur les cinq prochaines années.
- Engagements d’investissements « de plusieurs centaines de millions » de livres émanant d’entreprises privées.
- Annonces d’entreprises : une enseigne de jouets prévoit d’établir un centre régional au Royaume‑Uni pour desservir ses boutiques européennes ; AstraZeneca a évoqué un projet d’investissement de 15 milliards de dollars en Chine d’ici 2030 ; Octopus Energy étudie une coentreprise pour le marché chinois.
Par ailleurs, Pékin a évoqué la possibilité d’exempter de visa les ressortissants britanniques séjournant moins de 30 jours, sous réserve de l’accomplissement de procédures administratives.
Suite du périple : cap sur le Japon
Après une visite d’un institut de design et une rencontre avec des étudiants en arts, aux côtés de l’actrice britannique Rosamund Pike, Starmer s’est envolé vers le Japon. Il doit y rencontrer la cheffe du gouvernement japonais, Sanae Takaichi, poursuivant ainsi une tournée asiatique axée sur la sécurité régionale et la coopération économique.
Le Premier ministre a déclaré que l’objectif principal de ce déplacement était de soutenir la reprise économique du Royaume‑Uni après les difficultés liées au Brexit et aux perturbations commerciales mondiales.
Réactions officielles et perspectives
Le porte‑parole du ministère chinois des Affaires étrangères a répondu aux critiques en affirmant que la Chine est prête à renforcer la coopération avec « tous les pays », sur la base d’intérêts réciproques et de bénéfices mutuels. Cette formule souligne la volonté de Pékin de normaliser les relations commerciales et diplomatiques.
Dans les semaines et mois à venir, l’effet réel de ces accords et déclarations sur l’économie britannique et sur les équilibres géopolitiques restera à observer. Pour l’heure, la visite marque un pas vers un réengagement pragmatique entre Londres et Pékin, au prix d’un débat public vif sur les enjeux de souveraineté et de sécurité.