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Le nombre de jeunes inscrits à France Travail a fortement augmenté dans le Rhône en 2025. Les moins de 25 ans tenus de rechercher un emploi (catégories A, B et C) sont passés de 19 010 à 23 710 en un an, soit une hausse de 24,7 %, selon les données publiées par la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dares). À l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la progression atteint 18 %. Une dynamique nettement plus rapide que celle de l’ensemble des demandeurs d’emploi du département (+7 %). Mais derrière cette hausse spectaculaire, les services de France Travail appellent à la prudence : « On ne peut pas en faire une analyse conjoncturelle », rappellent-ils. Autrement dit, ces chiffres ne signifient pas que le chômage des jeunes explose dans le Rhône, ils reflètent d’abord une transformation profonde du système statistique.
Impact de la loi pour le plein emploi
Cette envolée s’explique d’abord par la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi (LPE). Depuis janvier 2025, les jeunes bénéficiaires du RSA, les travailleurs handicapés, les personnes en parcours d’insertion ou les jeunes suivis par les missions locales doivent être systématiquement inscrits à France Travail. Une partie d’entre eux, auparavant accompagnés sans figurer dans les statistiques, apparaît désormais dans les catégories A, B et C.
L’effet est particulièrement visible pour les jeunes totalement sans activité. En catégorie A, leurs effectifs bondissent de 31,7 % en un an.
Nouvelles règles d’actualisation
Autre élément technique, les règles d’actualisation ont été modifiées début 2025. Pendant plusieurs mois, les personnes non indemnisées n’avaient pas à s’actualiser tant qu’elles n’avaient pas signé leur contrat d’engagement. Elles restaient donc automatiquement en catégorie A, ce qui a artificiellement gonflé les effectifs.
Depuis juin 2025, le nouveau régime de sanctions — suspension-remobilisation avant radiation — modifie également les flux d’entrées et de sorties. La Dares le souligne : ces changements rendent les évolutions difficiles interprétables.
Pas de dégradation brutale
Si le marché du travail reste instable pour les jeunes du Rhône, qui entrent souvent par des secteurs à forte rotation — restauration, commerce, logistique — où les contrats courts dominent, la hausse des inscriptions ne se traduit pas par une explosion du chômage au sens du Bureau international du travail (BIT).
Le taux de chômage du Rhône s’établit à 7,3 % au troisième trimestre 2025, selon les données les plus récentes de l’Insee, un niveau quasi stable sur un an et qui demeure inférieur à celui observé avant la crise sanitaire, lorsque le taux atteignait autour de 8 % fin 2019.