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Affaire Epstein : la chute de Peter Mandelson et ses implications

par Lea
France

Au Royaume-Uni, l’affaire Epstein n’éclaire pas uniquement le monde royal. Depuis vendredi, les révélations sur les liens étroits entre Peter Mandelson, ancien haut dirigeant du Labour et figure emblématique de l’ère New Labour, et Jeffrey Epstein se multiplient et pourraient accélérer la chute d’un acteur politique de longue date.

Selon les documents publiés par le ministère américain de la Justice, Mandelson serait impliqué dans des échanges susceptibles d’être interprétés comme des faveurs. Il aurait, alors qu’il était ministre du Commerce dans le gouvernement de Gordon Brown, transmis en 2009 un email interne destiné au Premier ministre sur la situation économique. Dans un autre échange d’emails en 2009 relayé par le Financial Times, Mandelson semble suggérer à Epstein de demander au patron de JPMorgan de « menacer légèrement » le ministre britannique des Finances de l’époque afin d’obtenir la réduction d’une taxe sur les primes des banquiers. Des documents montrent également un virement d’environ 69 000 € au bénéfice d’Epstein, attesté par des relevés bancaires.

Le parcours politique de Mandelson s’est mêlé à des revers répétés, souvent liés à des associations contestables, et il avait été nommé ambassadeur à Washington par le Premier ministre Keir Starmer en décembre 2024. L’affaire Epstein l’avait déjà contraint à abandonner ce poste en septembre précédent. Mi-janvier, il avait présenté publiquement ses excuses pour avoir entretenu son amitié avec Epstein après la condamnation de ce dernier en Floride en 2008 pour recours à des prostituées mineures. Lundi, Keir Starmer a chargé le secrétaire général du gouvernement, Chris Wormald, d’examiner toutes les informations disponibles concernant les contacts entre Mandelson et Epstein pendant la période 2008-2010, selon un porte-parole du gouvernement.

Dans la foulée, la police de Londres a annoncé qu’elle examinait des signalements pour « mauvaise conduite dans l’exercice d’une fonction publique ». Le communiqué officiel ne cite pas directement Mandelson, mais plusieurs médias affirment qu’il est visé par ces signalements.

Quant à Andrew, les derniers documents du ministère américain de la Justice montrent des échanges qui nourrissent les soupçons sur une éventuelle implication du prince dans le trafic de jeunes femmes. Il a déjà refusé de répondre aux questions d’une commission du Congrès. D’après l’avocat de Virginia Giuffre, une seconde femme affirme avoir été envoyée par Epstein au Royaume-Uni pour avoir des relations sexuelles avec Andrew.

Sarah Ferguson, l’ex‑épouse d’Andrew, apparaît également dans ce qui est présenté comme une chaîne de louanges et de demandes. Parmi les documents publiés vendredi figurent plusieurs courriels où elle affiche son admiration pour Epstein. « Merci, Jeffrey, d’être le frère dont j’ai toujours rêvé », lui écrivait-elle en 2009. Quelques mois plus tard, elle expliquait avoir « urgemment besoin de 23 000 € » pour payer son loyer, et en janvier 2010, elle ajoutait : « Je suis à ton service. Épouse-moi. »

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