L’Iran a affirmé que des discussions avec les États-Unis se tiendraient bien vendredi à Mascate, autour de 10 heures. Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, l’a confirmé sur X après qu’un article de presse et des propos du responsable américain de la diplomatie eurent jeté le doute sur la tenue des pourparlers. Téhéran a précisé que les échanges devaient rester centrés sur la question nucléaire et qu’aucune négociation sur le programme de missiles ou sur les capacités de défense n’était envisagée pour l’instant. Le contexte demeure tendu, les médiateurs cherchant à faire avancer le dialogue sans céder sur les positions de chacun.
Donald Trump a déployé autour de l’Iran une force de frappe aérienne et navale considérable et n’exclut pas d’en faire usage si Téhant n’accepte pas les revendications américaines. Cette démonstration militaire s’inscrit dans une période de fortes pressions et de menaces apparentes sur le régime iranien. La posture américaine reflète une volonté de peser sur la position iranienne dans l’éventualité d’un échec des discussions.
Dans un extrait d’entretien diffusé par NBC, Trump a indiqué que les autorités iraniennes devaient s’inquiéter car elles négocient avec les États-Unis. Il a également évoqué un projet d’ouverture d’un nouveau site nucléaire après les frappes américaines de juin contre des installations iraniennes. Selon lui, les États-Unis avaient découvert ce plan et averti qu’ils réagiraient fortement si l’Iran avançait.
Les discussions sur la tenue des pourparlers ont été marquées par des informations contradictoires: Axios avait évoqué un risque d’échec lié au lieu et à l’ordre du jour, puis l’article a été démenti. Marco Rubio, figure de la diplomatie américaine, a laissé entrevoir des doutes sur l’organisation du forum, indiquant que l’Iran avait généré des signaux contradictoires sur son accord. Il a toutefois ajouté que si les Iraniens souhaitent les rencontrer, les États-Unis étaient prêts à dialoguer.
Selon Téhéran, Abbas Araghchi conduira la délégation iranienne et les États-Unis seront représentés par l’émissaire de Donald Trump pour les missions diplomatiques délicates, Steve Witkoff. Les échanges s’annoncent sensibles et les parties veulent rester concentrées sur l’enjeu nucléaire, malgré les pressions et les déclarations musclées de chaque camp.
Depuis la répression du mouvement de contestation en Iran au mois de janvier, Washington et Téhéran entretiennent un équilibre précaire entre menaces et ouvertures au dialogue, pendant que des pays médiateurs tentent de réduire les tensions. Téhéran rappelle que les discussions doivent rester strictement centrées sur l’aspect nucléaire et rejette tout dialogue sur les missiles ou les capacités de défense. Les échanges avec les médiateurs visent à ramener les deux camps à la table.
Les États-Unis ont dépêché une dizaine de navires dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln, tandis que l’Iran a menacé de s’en prendre aux bâtiments de guerre et aux bases américaines en cas d’attaque. Cette posture militaire accompagne les efforts diplomatiques pour limiter les risques d’escalade dans la région.
Trump laisse planer le doute sur ses intentions en cas d’échec des pourparlers; une intervention pourrait aller de frappes ciblées sur des infrastructures militaires à une tentative de renversement de la République islamique en place depuis 1979. Les échanges restent empreints de prudence et de volonté d’apaiser les tensions malgré les avertissements des deux côtés.
En Iran, les réseaux sociaux se sont réactivés après trois semaines d’interruption d’internet et se remplissent de messages de soutien aux manifestants tués. Un habitant de 32 ans de l’île de Qeshm, qui a souhaité garder l’anonymat, décrit une société en deuil.