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CTBTO: aucune preuve d’un test nucléaire chinois en 2020

par Sara
Chine, États-Unis, Russie, Suisse

Le secrétariat de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBTO) a affirmé n’avoir détecté aucune trace corroborant les allégations d’un test nucléaire chinois en 2020. Ces déclarations interviennent après les accusations d’un haut responsable américain, qui affirmait qu’une série d’essais clandestins, dont un test à rendement produit le 22 juin 2020, avait été menée et dissimulée par Pékin.

Le CTBTO infirme les allégations

Robert Floyd, secrétaire exécutif de l’organisation, a indiqué que le réseau de surveillance n’avait relevé « aucun événement compatible avec les caractéristiques d’une explosion d’essai d’arme nucléaire » à la période évoquée. Il a précisé que cette évaluation restait inchangée après des analyses détaillées supplémentaires.

Selon le CTBTO, les stations sismiques, hydroacoustiques et infrasons n’ont détecté aucun signal correspondant à un essai nucléaire, ce qui met en doute la version avancée par les autorités américaines.

Réponse et démenti de Pékin

La délégation chinoise, par la voix de son ambassadeur chargé du désarmement, a rejeté catégoriquement les accusations. Elle a affirmé que la Chine agit de manière prudente et responsable sur les questions nucléaires et qu’elle respecte le moratoire sur les essais.

La diplomatie chinoise a également dénoncé ce qu’elle considère comme une tentative de discréditer ses capacités de défense nationale, accusant les États-Unis de diffuser un « faux récit » et de contribuer aux risques pour la sécurité internationale par leurs actions récentes en matière de contrôle des armements.

Accusations américaines et appel à une nouvelle architecture

Thomas DiNanno, sous-secrétaire d’État américain pour le contrôle des armes et la sécurité internationale, a soutenu lors d’une conférence onusienne à Genève que la Chine aurait préparé des essais « avec des rendements désignés de plusieurs centaines de tonnes » et aurait tenté d’obscurcir ces événements pour masquer leur nature.

Parallèlement aux déclarations publiques, il a relayé ces mêmes éléments sur les réseaux sociaux en plaidant pour l’élaboration d’une « nouvelle architecture » de contrôles des armements, estimant que l’expiration récente du traité New START rendait nécessaire une refonte des cadres de limitation nucléaire.

Contexte international et implications

Les diplomates présents à la conférence ont décrit les allégations comme nouvelles et préoccupantes, soulignant le risque de tensions accrues entre grandes puissances. La Chine et les États-Unis ont signé mais pas ratifié le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), tandis que la Russie, après l’avoir ratifié, s’en est retirée formellement en 2023.

Sur le plan politique, l’administration américaine a déjà exprimé l’intention de préparer la possibilité d’une reprise des essais nucléaires, position critiquée par des interlocuteurs internationaux qui appellent à la transparence et à la vérification scientifique.

Vers une intensification du contrôle et de la surveillance

Les déclarations croisées entre Washington et Pékin remettent au premier plan l’importance des mécanismes de surveillance indépendants. L’absence de détection par le CTBTO souligne la difficulté à trancher sur la base d’accusations politiques sans éléments scientifiques vérifiables.

À l’avenir, la pression internationale pour renforcer les capacités de vérification et relancer des négociations multilatérales sur la maîtrise des armements pourrait s’intensifier, afin d’éviter une spirale d’accusations et de mesures unilatérales qui fragiliseraient davantage la stabilité stratégique.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/7/no-evidence-to-support-us-claim-china-conducted-nuclear-blast-test-monitor

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