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Un juge US bloque la déportation de Rumeysa Ozturk

par Sara
États-Unis, Turquie

Un juge américain a suspendu la procédure de déportation visant Rumeysa Ozturk, une doctorante turque de l’université Tufts arrêtée l’an dernier dans le cadre d’une opération ciblant des militants pro-palestiniens, ont annoncé ses avocats. Selon une lettre déposée lundi auprès de la 2e Cour d’appel des États‑Unis, l’autorité judiciaire a estimé que le département de la Sécurité intérieure n’avait pas apporté la preuve nécessaire pour la rendre expulsable.

Arrestation et motif de révocation du visa

Ozturk, qui prépare un doctorat sur la relation des enfants aux réseaux sociaux, a été arrêtée au printemps alors qu’elle circulait dans une rue près du campus de Tufts. Des images largement diffusées montrent des agents masqués menottant la jeune femme avant de la placer dans un véhicule non identifié.

Les autorités ont fondé la révocation de son visa sur un éditorial qu’elle avait co-signé un an plus tôt dans le journal étudiant de Tufts, critiquant la réponse de l’université à la guerre menée par Israël à Gaza. Ce seul élément a servi d’argument pour engager les mesures d’expulsion.

Parcours judiciaire

La procédure a débuté par une requête déposée en justice fédérale à Boston, puis transférée à Burlington, dans le Vermont. En mai de l’an dernier, un juge fédéral avait ordonné sa remise en liberté, estimant qu’elle présentait une réclamation substantielle selon laquelle sa détention constituait des représailles illégales portant atteinte à sa liberté d’expression.

Après avoir passé 45 jours en centre de détention dans le sud de la Louisiane, Ozturk était rentrée sur le campus. Le gouvernement fédéral avait fait appel de cette décision auprès de la 2e Cour d’appel, mais l’ordonnance rendue le 29 janvier a pour l’heure mis fin aux procédures d’expulsion.

Déclarations et suites possibles

« Aujourd’hui, je respire », a déclaré Ozturk dans un communiqué transmis par ses avocats, ajoutant que son affaire pouvait redonner espoir à ceux qui estiment avoir été lésés par l’administration américaine. Son avocate en immigration, Mahsa Khanbabai, a précisé que la décision avait été rendue par la juge en immigration Roopal Patel, à Boston.

La décision complète de la juge Patel n’a pas été rendue publique et l’administration pourrait la contester devant le Board of Immigration Appeals, organe dépendant du département de la Justice. Khanbabai a dénoncé l’usage des lois d’immigration comme instrument pour faire taire les défenseurs des droits des Palestiniens et a espéré que d’autres juges suivront cet exemple.

Réaction du gouvernement et contexte national

Le département de la Sécurité intérieure a qualifié la décision de « militantisme judiciaire », et sa responsable a affirmé que nul ne pouvait venir aux États‑Unis « se cacher derrière le Premier amendement » pour encourager la violence ou le terrorisme. Ces propos soulignent la polarisation autour de la politique d’immigration liée aux positions pro‑palestiniennes.

La vidéo de l’arrestation à Somerville, dans la banlieue de Boston, a contribué à faire de l’affaire l’un des cas les plus médiatisés de la campagne visant à expulser des étudiants étrangers aux opinions pro‑Palestine. Par ailleurs, un juge fédéral de Boston a récemment estimé qu’une politique mise en œuvre par des responsables, visant à détenir et expulser des universitaires non‑citoyens, était illégale parce qu’elle avait un effet dissuasif sur la liberté d’expression ; le département de la Justice a annoncé son intention de faire appel de ce jugement.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/10/us-judge-blocks-trump-administrations-effort-to-deport-rumeysa-ozturk

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