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Ukraine : morts par hypothermie en hausse après attaques sur l’énergie

par Sara
Ukraine, Russie

La destruction répétée des infrastructures énergétiques en Ukraine a plongé des millions de personnes dans le froid cet hiver, et a entraîné une hausse des décès par hypothermie. Après une attaque par drone à Kyiv début janvier, une rafale d’engins et de missiles a brisé des immeubles, coupé le chauffage et exacerbé une crise sanitaire déjà aiguë.

Une attaque qui illustre la stratégie militaire

Le récit d’une habitante de l’est de Kyiv illustre la violence des opérations : une explosion a secoué son immeuble la nuit suivant son seizième anniversaire, brisant des fenêtres et des murs à plusieurs étages. Les forces russes ont employé une tactique dite du « double-tap », envoyant un second drone sur le même point pour frapper les secouristes quelques dizaines de minutes plus tard.

Cette nuit-là, 242 drones et 36 missiles ont été lancés, y compris un missile balistique très rapide que le Kremlin qualifie de « météore ». L’assaut a fait plusieurs morts et blessés et a gravement endommagé les réseaux d’énergie, privant des foyers d’électricité, d’eau courante et de chauffage.

Montée des « morts blanches » et vulnérabilité des régions

Les autorités locales font état d’au moins dix décès par hypothermie cette année dans les régions de Ternopil et Rivne — des zones où les dégâts d’infrastructure sont, paradoxalement, moindres qu’à Kyiv ou près du front. Ces « morts blanches » sont souvent consignées sans nombreux détails, ce qui rend difficile une comptabilisation nationale en temps réel.

En extrapolant à partir des mouvements de population depuis 2022, certaines évaluations suggèrent que le nombre total de décès par hypothermie en Ukraine pourrait approcher plusieurs centaines. Un cas récent rapporté concernait un homme de 41 ans mort d’une « hypothermie générale » dans la ville d’Ostroh.

Enfants et nouveau-nés particulièrement exposés

Les enfants sont particulièrement vulnérables aux basses températures. Selon un représentant de l’UNICEF en Ukraine, les nouveau-nés et les nourrissons perdent rapidement leur chaleur corporelle et courent un risque élevé d’hypothermie et de maladies respiratoires si des mesures de chauffage et de soins adéquates font défaut.

En conséquence, les autorités sanitaires et humanitaires s’alarment d’une possible aggravation des cas de pneumonies et d’infections respiratoires chez les plus jeunes pendant que les coupures s’intensifient.

Impact sanitaire large : intoxications, gelures et maladies chroniques

Outre l’hypothermie, les services d’urgence font état d’une hausse des intoxications au monoxyde de carbone liées au chauffage improvisé au bois ou au charbon — au moins 18 décès récents ont été signalés. Par ailleurs, des centaines de cas de gelures et des milliers de pneumonies et rhumes aigus ont été recensés.

Les tensions et l’insomnie dues aux attaques nocturnes ont aussi aggravé les problèmes cardiovasculaires et la santé mentale de larges pans de la population, pris entre le froid et la peur des raids aériens.

Vies quotidiennes mises à l’épreuve

Sur le terrain, les scènes sont saisissantes : dans certains immeubles modernes équipés de panneaux solaires et d’isolations renforcées, les résidents ont dû compter sur de lourds groupes électrogènes pour maintenir les ascenseurs et quelques services de base. Malgré ces efforts, de nombreux foyers restent insuffisamment chauffés.

À Troeshchina, dans le nord de Kyiv, une habitante décrit une plaque de glace près du mur extérieur de sa cuisine et des pannes de chauffage depuis des semaines. Son mari, alité après plusieurs opérations, est maintenu au chaud grâce à des bouteilles d’eau bouillie et plusieurs couvertures. Ces gestes simples sont devenus vitaux pour préserver des vies.

Réponses locales et solidarité

Face à l’ampleur de la crise, des équipes médicales militaires et des secouristes montent des tentes chauffées avec des poêles à bois pour accueillir des civils. Des distributions de nourriture chaude et d’aides de première nécessité sont organisées, tandis que les municipalités encouragent les personnes ayant des options d’hébergement à rejoindre la campagne.

Le maire de Kyiv a indiqué qu’un important mouvement de population avait déjà eu lieu, des centaines de milliers de personnes choisissant de quitter la ville pour des lieux où le chauffage est plus accessible.

Perspectives et risques à court terme

À court terme, la priorité demeure de rétablir l’alimentation électrique et les réseaux de chauffage pour réduire les cas de hypothermie en Ukraine. Parallèlement, la prévention des intoxications au monoxyde de carbone et l’accès aux soins pour les infections respiratoires restent cruciaux.

Sans amélioration durable des infrastructures énergétiques, l’hiver risque de prolonger sa facture humaine, particulièrement parmi les plus fragiles : enfants, personnes âgées et malades chroniques.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/10/in-ukraine-deaths-from-hypothermia-rise-as-russia-attacks-energy-system

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