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Au jour 1 450 de la guerre Russie-Ukraine, de nouvelles frappes massives ont visé plusieurs villes ukrainiennes, provoquant victimes, dégâts aux infrastructures énergétiques et coupures de chauffage pour des milliers de foyers. Dans le même temps, les alliés de Kyiv annoncent des engagements militaires significatifs, tandis que les perspectives de pourparlers de paix restent fragiles.
Frappes et dégâts
Des attaques nocturnes ont visé Kyiv, Odesa, Dnipro et d’autres localités, ont rapporté les autorités ukrainiennes. Selon le président Volodymyr Zelenskyy, les forces russes ont lancé 219 drones et 24 missiles balistiques lors des frappes de la nuit.
À Lozova, dans la région de Kharkiv, un bombardement a fait deux morts et six blessés, ont précisé les procureurs locaux. À Kyiv, le maire Vitali Klitschko a indiqué que près de 2 600 immeubles résidentiels ont été privés de chauffage, principalement dans les arrondissements de Desnyanskyi, Dniprovskyi, Pecherskyi et Solomyanskyi.
Ces pertes d’approvisionnement s’ajoutent à 1 100 bâtiments déjà sans chaleur après des attaques précédentes, alors que les températures en ville peuvent chuter jusqu’à -13 °C cette semaine.
La région russe de Belgorod a également subi d’importantes perturbations : plus de 220 000 personnes ont été privées d’électricité à la suite d’un accident dans une sous-station, selon le gouverneur régional.
En Odesa, des drones ont touché un immeuble résidentiel de neuf étages, un marché en plein air et un supermarché, déclenchant plusieurs incendies et endommageant des infrastructures énergétiques, a indiqué le service d’urgence.
Par ailleurs, l’état-major ukrainien a rapporté, sur la base de données préliminaires, un incendie déclenché dans une raffinerie d’Ukhta, dans la république russe de Komi, située à environ 1 750 km de la frontière ukrainienne.
Enfin, les autorités ukrainiennes ont affirmé avoir retrouvé les corps de deux ressortissants nigérians combattant pour les forces russes, identifiés comme ayant servi dans le 423e régiment de fusiliers motorisés des gardes.
Aide militaire internationale
Les engagements d’armement en faveur de l’Ukraine continuent de s’accroître. Le ministre britannique de la Défense a estimé à environ 35 milliards de dollars le total des aides militaires promises à Kyiv pour l’année, cumulant nouvelles annonces et promesses antérieures.
De manière plus précise, l’Allemagne a déjà annoncé des engagements importants en matériel, et Berlin a déclaré être prête à livrer cinq intercepteurs PAC-3 pour la défense anti-aérienne ukrainienne à condition que d’autres alliés fournissent au moins trente systèmes supplémentaires.
- La Norvège a annoncé l’achat d’un « volume important » de bombes à planéité française dans le cadre d’un accord bilatéral.
- Le Royaume-Uni fournira « en urgence » des missiles et systèmes de défense aérienne d’une valeur supérieure à 500 millions de livres pour protéger infrastructures énergétiques et habitations.
- Un rapport du Kiel Institute révèle que l’aide militaire américaine à l’Ukraine a chuté de 99 % en 2025 par rapport à 2024, tandis que l’aide européenne a augmenté de 67 % au-dessus de la moyenne 2022–2024.
Pourparlers et diplomatie
La perspective d’un nouveau cycle de négociations est évoquée par le Kremlin, qui indique qu’une nouvelle série de pourparlers est attendue « bientôt ». Toutefois, Moscou n’a pas fourni de détails supplémentaires sur le calendrier ou le format.
Du côté ukrainien, le ministre des Affaires étrangères a estimé que les frappes nocturnes de ces derniers jours minent les efforts diplomatiques : chaque attaque constitue selon lui un coup porté aux initiatives visant à mettre fin au conflit et renforce la nécessité d’obliger la Russie à prendre la diplomatie au sérieux.
En France, le président Emmanuel Macron a déclaré qu’il n’y avait « pas d’urgence » à rouvrir le dialogue avec Vladimir Poutine, soulignant que les objectifs européens devaient être précisés avant toute relance des discussions.
Sur la question des enfants déplacés, Moscou et Washington ont annoncé la réunification de six autres enfants avec leurs familles — un retour pour un enfant en Russie et cinq retours en Ukraine, selon les autorités russes. Par ailleurs, la Cour pénale internationale a émis des instructions visant des responsables, soupçonnés de déportations illégales d’enfants.
Sécurité régionale et exportations d’armement
Plusieurs pays renforcent leurs capacités face aux risques de déstabilisation régionale. L’Estonie a décidé d’acquérir douze pièces d’artillerie automotrice Caesar auprès de la France afin de consolider sa défense.
Au niveau européen, les dirigeants des Vingt-sept se sont mis d’accord sur un plan visant à restructurer l’économie du bloc pour la rendre plus compétitive face aux tensions commerciales et aux menaces hybrides attribuées à la Russie.
Enfin, l’Ukraine a indiqué qu’elle commencerait dans les prochaines semaines l’exportation d’armes, notamment de drones, une mesure destinée à soutenir son effort de défense et à développer son industrie militaire.
Énergie et infrastructures
Les attaques contre les installations énergétiques continuent d’affecter l’approvisionnement national. Le ministre ukrainien de l’Énergie a déclaré devant une commission parlementaire que les centrales endommagées produisent bien trop peu d’électricité pour répondre aux besoins des citoyens.
De plus, une attaque précédente sur la branche ukrainienne du pipeline soviétique Druzhba a interrompu le transit du pétrole russe vers l’Europe de l’Est, selon des responsables ukrainiens. Malgré le conflit, l’Ukraine continue toutefois d’assurer le transport de pétrole russe vers certains pays comme la Slovaquie et la Hongrie, alors qu’elle avait déjà cessé le transit de gaz l’année précédente.
Sport et symboles
Sur la scène sportive, le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych a saisi la Cour d’arbitrage du sport après son exclusion des Jeux olympiques de Milan-Cortina liée à un différend sur le port d’un casque commémorant des athlètes ukrainiens tués.
La décision de la fédération internationale de la discipline a été expliquée par le jury de l’IBSF, qui a jugé le casque non conforme au règlement. Le président Zelenskyy a condamné cette exclusion, accusant le Comité international olympique d’avoir « joué dans les mains des agresseurs », tandis que le ministre ukrainien des Sports a annoncé des recours juridiques pour renverser la décision.
Le président ukrainien a par ailleurs salué le courage de l’athlète, estimant que le geste valait plus que n’importe quelle médaille.
Alors que les combats se poursuivent et que les infrastructures vitales restent ciblées, l’équilibre entre soutien militaire, pression diplomatique et résilience civile demeure au cœur des enjeux de la guerre Russie-Ukraine.