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La Russie a rejeté avec fermeté l’accusation lancée par cinq pays européens selon laquelle l’État russe serait responsable de la mort par empoisonnement d’Alexeï Navalny, leader de l’opposition décédé en détention le 16 février 2024.
Accusation conjointe des pays européens
Le Royaume‑Uni, la France, l’Allemagne, les Pays‑Bas et la Suède ont publié une déclaration commune affirmant croire que Navalny a été empoisonné par de l’épibatidine, une toxine associée aux grenouilles tueuses. Selon ces États, la Russie disposait selon eux des « moyens, du mobile et de l’opportunité » pour avoir administré cette substance.
En réponse, le porte‑parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié ces allégations de « partiales et infondées » et a déclaré : « Nous n’acceptons naturellement pas de telles accusations. Nous les rejetons fermement. »
Qu’est‑ce que l’épibatidine ?
L’épibatidine est une substance naturellement présente chez certaines petites grenouilles colorées d’Amérique du Sud, dites « grenouilles flèches ». Cependant, elle peut aussi être synthétisée en laboratoire, hypothèse que privilégient des scientifiques européens dans le cadre de l’enquête sur la mort de Navalny.
Sur le plan physiologique, cette toxine agit de manière comparable à certains agents neurotoxiques et provoque des symptômes graves.
- Essoufflement et difficultés respiratoires;
- Convulsions et crises;
- Ralentissement du rythme cardiaque;
- Évolution possible vers le décès.
Contexte de la mort et réactions en Russie
Alexeï Navalny, principal opposant à Vladimir Poutine depuis des années, est mort dans une colonie pénitentiaire de l’Arctique alors qu’il purgeait une peine de 19 ans pour « extrémisme », condamnation que ses partisans considèrent comme une répression politique.
Les services pénitentiaires russes ont indiqué que l’avocat — diplômé de l’université de Yale — était tombé malade après une promenade. Depuis son décès, l’opposition russe reste majoritairement exilée et fragmentée.
Le jour de l’anniversaire de sa mort, des dizaines de partisans ainsi que certains diplomates étrangers se sont rendus sur sa tombe à Moscou ; plusieurs participants portaient des masques ou des foulards couvrant leur visage, par crainte de représailles.
Conséquences juridiques et politique intérieure
Avant sa mort, Navalny et son réseau anticorruption avaient été désignés « extrémistes » par les autorités russes, une qualification qui expose désormais toute personne évoquant son nom ou son organisation à des poursuites pénales.
Sa veuve, Ioulia Navalnaïa, s’était engagée à prendre le relais du mouvement d’opposition, mais elle a rencontré des difficultés pour rassembler un large soutien face à la répression et à la dispersion des forces dissidentes.