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    Gaza : déplacés vivent sur une décharge infestée de rats et maladies

    Palestine (Gaza), Israël

    Une odeur nauséabonde annonce l’arrivée avant même d’apercevoir les bâches et les tentes. À al-Taawun, un camp de déplacés à Gaza City coincé entre le stade Yarmouk et la rue al-Sahaba, 765 familles vivent directement sur une énorme décharge à ciel ouvert — un exemple brutal des déplacés à Gaza sur une décharge où la frontière entre habitat humain et déchets a disparu.

    Des conditions inhumaines et des nuits hantées par les rats

    Forcés de fuir leurs domiciles par la guerre, les résidents installent leurs abris au milieu de montagnes d’ordures en décomposition. Les rongeurs rongent les bâches, traversent les lits et réveillent les enfants la nuit.

    Fayez al-Jadi, père de famille déplacé à douze reprises depuis le début du conflit, décrit la vie quotidienne comme une perte de dignité. « Les rats marchent sur nos visages pendant que nous dormons », raconte-t-il, soulignant que sa fille de 18 mois souffre quotidiennement de gastro-entérite, de vomissements et de diarrhée.

    Il demande simplement un espace propre de 40 à 50 mètres pour vivre dignement. « Nous voulons vivre comme des êtres humains », dit-il.

    Une crise sanitaire généralisée

    Le camp d’al-Taawun, qui abrite environ 4 000 personnes, est frappé par une épidémie de maladies de peau, notamment la gale, en raison de l’absence d’eau courante et d’installations sanitaires.

    Les plus vulnérables, comme le nourrisson Fares Jamal Sobh, passent leurs nuits en pleurs à cause des démangeaisons et des lésions cutanées. Les familles rapportent la présence de cafards et de moustiques sur les enfants, et dénoncent l’inefficacité des traitements face à un environnement insalubre.

    La défaillance du système de santé complique encore la situation : les hôpitaux, déjà surchargés, renvoient parfois les patients faute de médicaments et de capacités de prise en charge.

    Une ville submergée par les déchets

    Les conditions d’al-Taawun reflètent un effondrement plus large à Gaza City. Les autorités locales alertent sur une catastrophe environnementale aggravée par le manque de réseaux d’assainissement et d’eau potable.

    Selon les responsables municipaux, l’accès à la décharge principale a été bloqué, ce qui a entraîné la création de décharges temporaires dangereuses dans des zones densément peuplées. Plus de 350 000 tonnes de déchets s’accumuleraient rien que dans la ville.

    La municipalité dénonce la destruction d’équipements, les pénuries de carburant et les risques sécuritaires constants qui paralysent toute gestion normale des déchets, laissant des milliers de familles dormir au-dessus d’une véritable bombe sanitaire.

    Dangers multiples : obus non explosés et animaux sauvages

    Outre les risques sanitaires, les habitants font face à des menaces immédiates : un obus de char non explosé repose parmi les sacs d’ordures et les bâches, à quelques mètres des tentes.

    « C’est un obus non éclaté juste à côté des tentes. Avec la chaleur, il pourrait exploser à tout moment », s’inquiète Rizq Abu Laila, qui a fui Beit Lahiya avec sa famille. Les nuits sont hantées par les chiens errants, les serpents et les chats sauvages qui fouillent les déchets.

    Les résidents racontent des nuits sans sommeil, à chasser les animaux pour protéger les enfants, et des repas avalés après que les rats y ont déjà laissé leur trace.

    Appels à une relocalisation urgente

    Face à cette accumulation de dangers — maladies, manque d’eau et d’assainissement, munitions non explosées et insécurité — les familles demandent une relocalisation immédiate vers des espaces propres et sûrs.

    Les témoignages et images diffusés montrent l’ampleur de la détresse sur place et renforcent l’urgence d’une réponse humanitaire adaptée. Pour ces déplacés, la demande reste simple mais pressante : un lieu où vivre sans être exposé aux déchets et aux risques qui menacent leur santé et leur vie.

    • Problèmes sanitaires : gale, gastro-entérite, malnutrition.
    • Insalubrité : absence d’eau courante et d’assainissement.
    • Menaces physiques : obus non explosés et animaux sauvages.
    • Besoin : relocalisation vers un espace propre et sécurisé.
    source:https://www.aljazeera.com/features/2026/2/16/rats-run-over-our-faces-gazas-displaced-forced-to-live-on-infested-land

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