Le ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Mohammed al-Khulaifi, a rencontré Saddam Khalifa Haftar à Benghazi, dans l’est de la Libye. Selon le ministère qatari des Affaires étrangères, l’échange a porté sur les évolutions régionales et sur des sujets d’intérêt commun, avec en toile de fond l’appel de Doha à une solution politique durable.
À Benghazi, un message en faveur du dialogue
Saddam Khalifa Haftar est présenté par Al Jazeera comme le vice-commandant de l’armée libyenne. Lors de cette rencontre, Mohammed al-Khulaifi a réaffirmé le soutien du Qatar à l’unité et à la stabilité de la Libye, ainsi qu’aux démarches politiques et aux solutions pacifiques susceptibles de répondre aux aspirations des Libyens tout en préservant la souveraineté du pays.
Le responsable qatari a également insisté sur la poursuite du dialogue et sur l’appui aux efforts de réconciliation nationale. L’objectif affiché est de renforcer le consensus entre les Libyens et de créer des conditions plus favorables à la stabilité et à l’unité.
Des contacts revendiqués avec les différentes parties
D’après Al Jazeera, Mohammed al-Khulaifi a indiqué que son pays continuerait à échanger avec les différents acteurs et dirigeants libyens. Cette démarche est présentée comme un soutien aux efforts des Nations unies pour parvenir à un règlement politique global et durable.
Le ministre d’État qatari avait aussi déclaré à Al Jazeera avoir évoqué à Tripoli, avec des responsables politiques, les moyens d’appuyer le processus politique, le dialogue national et l’intérêt national. La séquence de Benghazi s’inscrit ainsi, selon ces éléments, dans des échanges menés auprès de responsables situés dans les deux principaux pôles du pays.
Un calendrier électoral discuté à Tunis
Al Jazeera rapporte par ailleurs avoir obtenu le document d’accord de la réunion restreinte dite « 4+4 ». Le texte, paraphé à Tunis le 20 août 2026, ne se limite pas à la recomposition du Conseil national supérieur des élections : il prévoit aussi une modification du cadre juridique des élections présidentielle et législatives.
Le document fixe un horizon qui ne doit pas dépasser 24 mois pour la tenue de ces scrutins. Il s’agit d’un élément distinct de la rencontre de Benghazi, mais il éclaire le contexte politique dans lequel Doha plaide pour le dialogue et une solution négociée.
Deux autorités, un processus inachevé
La Libye demeure divisée entre deux gouvernements, selon le récit d’Al Jazeera. Le Gouvernement d’unité nationale, dirigé par Abdul Hamid Dbeibah et installé à Tripoli, administre l’ouest du pays. À Benghazi, le gouvernement désigné par la Chambre des représentants, dirigé par Oussama Hammad, contrôle l’est et la majeure partie des villes du sud.
La mission des Nations unies en Libye mène depuis des années des efforts pour organiser des élections présidentielle et parlementaires, appelées à mettre fin au conflit entre les deux gouvernements et aux périodes de transition qui se succèdent depuis 2011.