Le passage de Bab Musandam, à proximité du détroit d’Ormuz, n’est pas un canal secret récemment creusé par les États-Unis. L’enquête d’Al Jazeera fondée sur des documents nautiques, des données de navigation et des images satellites le décrit comme une ouverture naturelle connue et fréquentée depuis longtemps.

Un passage ancien, pas une voie créée récemment

La rumeur relayée ces derniers jours évoquait un itinéraire ouvert derrière la péninsule de Musandam afin de soustraire les navires à la surveillance iranienne. Le texte source ne relève ni annonce américaine ou omanaise de dragage, ni élément attestant l’ouverture récente d’un canal.

Les documents nautiques cités identifient au même endroit le détroit de Fakk al-Asad, aussi appelé Bab Musandam. Un guide britannique de 1908 le présentait déjà comme un passage naturel utilisé par des navires à vapeur. Les instructions nautiques américaines contemporaines le mentionnent également comme un détroit en eaux profondes.

Ce que montrent les données et ce qu’elles ne tranchent pas

Les données de suivi maritime examinées par Al Jazeera montrent des passages de navires avant et après les développements récents. La comparaison d’images Sentinel-2 entre 2021, 2022 et 2026 ne fait pas apparaître de modification visible majeure de l’ouverture ni de signe évident d’un dragage d’ampleur.

Cette observation ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer ce qui se passe au fond de l’eau. Elle ne permet pas de conclure sur d’éventuels travaux sous-marins limités. Les sources historiques et nautiques citées documentent toutefois une voie naturelle connue de longue date, ce qui contredit la présentation d’un canal inédit.

Sources