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Un récent rapport palestinien révèle que, au cours des dix dernières années, 1 986 puits, réservoirs et autres infrastructures hydrauliques ont été détruits ou confisqués en Cisjordanie. Cette situation aggrave l’accès à l’eau pour des milliers de Palestiniens et accentue la vulnérabilité des communautés rurales.
Chiffres clés et répartition des destructions
Le document, élaboré par le « Centre de recherche sur les terres », fait état d’une campagne systématique visant les ressources hydriques palestiniennes. Les données collectées entre 2015 et juin 2025 détaillent l’ampleur des dommages.
- Total recensé : 1 986 puits, bassins, réservoirs et citernes.
- Par acteur : 1 304 détruits par l’armée, 443 ciblés par des colons, 239 cas de confiscation de citernes.
- Zones agricoles impactées : 19 550 dunums affectés par les destructions liées à l’armée, plus de 10 400 dunums par des attaques de colons (1 dunum = 1 000 m²).
- Typologie des infrastructures touchées :
- 223 puits
- 43 bassins
- 23 réservoirs principaux
- 24 puits artésiens
- 151 sources et conduites
- 840 citernes ou réservoirs plastiques
- Incursions : 350 réservoirs détruits lors des opérations militaires dans les camps de Jénine et de Tulkarm.
Répartition géographique des attaques
La répartition provinciale montre des concentrations marquées dans plusieurs gouvernorats. Les données indiquent des campagnes particulièrement intenses dans le nord et le sud de la Cisjordanie.
- Jénine : 343 puits, sources et réservoirs détruits (plus forte affectation).
- Hébron (Al-Khalil) : 282 cas recensés.
- Tubas : 219 cas.
- Ramallah et Al-Bireh : 106 cas.
- Autres gouvernorats : répartis entre les destructions restantes.
Les années 2023 et le premier semestre 2025 ont enregistré les campagnes les plus larges : 448 incidents en 2023 et 248 au cours de la première moitié de 2025.
Images documentant les dégâts
Les photographies accompagnant le rapport illustrent la fermeture et la destruction d’infrastructures hydrauliques, ainsi que l’impact sur les propriétaires et les communautés locales.
Conséquences humaines et agricoles
La destruction des puits et des réservoirs a des répercussions directes sur la sécurité alimentaire et sanitaire. Les exploitations agricoles perdent leurs sources d’irrigation, et les ménages voient leur approvisionnement domestique compromis.
Le rapport décrit ces actions comme une politique de « desséchement forcé » visant, selon les auteurs, à pousser les populations vers un déplacement contraint. Les pertes de cultures, la réduction des pâturages et la privation d’eau agricole accentuent la pression sur les familles locales.
Saisies, implantations et contrôle des sources
L’attaque ne se limite pas à la destruction : des colons ont pris le contrôle de sources et empêchent l’accès à des puits artésiens. Des implantations et des avant-postes se sont multipliés à proximité des points d’eau stratégiques.
- Fermeture de sept sources par bétonnage à Al-Dhahiriya (août 2025).
- Prise de contrôle d’une source dans le village de Furkha, à l’ouest de Salfit (juillet 2025).
- Création de trois nouveaux avant-postes à Jiftlik, Fasayil et Ras al-Auja dans la gouvernorat d’Ariha (février 2025).
- Imposition d’un contrôle pastoral sur les puits agricoles à Masafer Yatta après la destruction des cultures et la confiscation des pâturages.
Le rapport souligne que certains colons ont érigé des positions permanentes autour des sources, notamment autour des sources appelées « Al-Sakout » et « Ein Halawa », empêchant toute nouvelle exploitation par les habitants locaux.
Évolution récente et tendances
Depuis 2023, les attaques contre les infrastructures hydrauliques se sont intensifiées, selon les données compilées. Les années récentes montrent une accélération des interventions militaires et des agressions de colons ciblant l’eau.
Cette tendance alimente une crise hydrique persistante en Cisjordanie et fragilise davantage les moyens de subsistance des communautés palestiniennes rurales.
Situation présente et enjeux
L’ampleur des destructions et des saisies met en lumière un enjeu central du conflit : l’accès et le contrôle des ressources naturelles. À court et moyen terme, la capacité des populations à entretenir leurs cultures et à assurer l’approvisionnement en eau domestique reste compromise.
Les observateurs et acteurs locaux soulignent la nécessité de mesures urgentes pour protéger les infrastructures hydrauliques et garantir l’accès à l’eau aux communautés affectées.