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Face à la recrudescence des attaques utilisant des objets du quotidien comme des couteaux ou des véhicules, Marion Gentges, la ministre de la Justice du Bade-Wurtemberg, appelle à une réforme urgente du droit pénal. Selon elle, ces incidents démontrent un détournement inquiétant d’objets banals, utilisés pour causer un maximum de dommages.
Un cadre législatif inadapté
Actuellement, le droit allemand ne sanctionne que l’utilisation de produits explosifs ou d’armes à feu pour la préparation de crimes graves. Gentges souligne l’absurdité de la situation : « Une personne qui planifie une attaque avec un cocktail Molotov s’expose à des poursuites, mais celle qui prévoit d’utiliser un couteau ou un véhicule, elle, ne risque rien. Cela n’a aucun sens. » Elle insiste sur le fait que la législation ne doit pas ignorer de telles menaces.
Un besoin crucial pour les enquêteurs
Cette lacune législative prive les procureurs d’un outil essentiel pour anticiper et prévenir les projets d’attaques. Les mesures de surveillance ou les perquisitions ne peuvent pas être menées sans soupçons de crime, alors qu’elles sont souvent « la clé pour éviter de telles tragédies », a ajouté Gentges.
Des exemples tragiques
Les récents événements à Aschaffenburg et Magdeburg illustrent la nécessité d’un changement législatif. À Aschaffenburg, un Afghan de 28 ans a été accusé d’avoir poignardé un garçon de deux ans et un homme de 41 ans, blessant gravement trois autres personnes. Ce même auteur était déjà connu des forces de l’ordre pour des antécédents de violence et des troubles mentaux.
À Magdeburg, un homme de 50 ans a lancé son véhicule sur un marché de Noël, tuant six personnes et blessant près de 300 autres. Gentges souligne qu’il est irresponsable de retarder cette modification législative essentielle, alors que les autorités judiciaires ont besoin de bases légales claires pour agir efficacement.
Vers une réforme législative
En octobre 2024, des représentants de Baden-Wurtemberg, de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et du Schleswig-Holstein ont soumis une proposition au Bundesrat pour aborder cette question. Bien que le comité des affaires juridiques et intérieures l’ait approuvée, la proposition est bloquée depuis dans la commission économique et risque de tomber dans l’oubli en raison de la fin de la législature, où les projets de loi non adoptés doivent être redéposés et rediscutés.