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Près de trois décennies après l’interdiction de l’amiante, la dégradation de ce matériau dans certains établissements scolaires d’Eure-et-Loir suscite des inquiétudes chez les enseignants et les familles. Deux syndicats, CGT Educ’Action 28 et Sud Éducation 28, tirent la sonnette d’alarme via l’Association Stop amiante scolaire 28, en particulier pour deux écoles situées à Senonches.
Des dalles potentiellement amiantées dans les écoles de Senonches
En novembre 2025, lors d’une visite, un élève a alerté les représentants du personnel spécialisés dans l’amiante, et des écarts ont été constatés dans les Dossiers Techniques Amiante (DTA) des écoles, qui mentionnent la présence possible de fibres minérales dans des dalles de sol utilisées en classe.
Selon l’inspection, une cinquantaine de dalles se présentent dégradées dans les locaux. À l’issue d’un examen des dalles, les responsables estiment que des niveaux d’usure importants peuvent libérer des particules d’amiante dans l’air, en particulier dans les espaces fréquentés par les jeunes enfants. Le syndicat souligne que le danger est d’autant plus sensible en maternelle, où les élèves manipulent les cartons et jouent directement au sol, rendant le risque d’inhalation préoccupant.
Mesures envisagées et position des autorités locales
Pour le premier adjoint de la commune, Éric Bourlot, tout est maîtrisé à partir des données du DTA qui indiquent un cadre jugé favorable. Il précise être personnellement attentif à la situation, invoquant même ses petits‑enfants scolarisés dans l’établissement et assurant qu’aucune dalle ne contient d’amiante, la fibre étant contenue dans la colle en dessous et non dans les dalles elles‑mêmes. L’idée avancée est de ne pas manipuler les dalles et de recouvrir les surfaces concernées, plutôt que de les retirermême.
La CGT Educ’Action estime toutefois que le recouvrement n’est pas une solution pérenne et rappelle que l’amiante demeure présente même si les couches visibles semblent contenir le risque éphémère. Selon le syndicat, si le problème avait été électrique, il serait rapidement résolu, mais comme le danger est invisible et que ses effets peuvent apparaître des décennies plus tard, la prise de conscience des autorités locales demeure lente. Le personnel et les parents d’élèves sont invités à rester mobilisés pour protéger les enfants et le personnel.
Mobilisation à Maintenon et résultats d’analyses
Le lundi 5 janvier, une mobilisation importante s’est tenue devant le collège Jean‑Racine à Maintenon, à l’appel du syndicat Sud Éducation 28 et du CGT Éduc’action 28. Parents, collégiens et enseignants ont été invités à consigner leurs préoccupations sur le registre Santé et Sécurité et à déposer une plainte auprès des autorités pour mise en danger d’autrui.
En septembre 2025, Sud Éducation 28 et CGT Éduc’action 28 ont fait analyser en laboratoire des poussières prélevées dans la salle de SVT n°13. Deux échantillons sur cinq se sont révélés positifs : l’un contenait plus de deux millions de fibres d’amiante dans une rigole près du tableau, et l’autre environ 3 000 fibres par centimètre carré près du vidéoprojecteur. Le professeur en charge a aussitôt exercé son droit de retrait par prudence, et sa classe a été mise temporairement hors service.
En juin 2024, des analyses d’air menées par le conseil départemental, qui est propriétaire des locaux, étaient remontées négatives. Le représentant syndical réclame néanmoins un nettoyage intégral des locaux contaminés et des travaux pour isoler l’amiante, notamment en comblant les trous et en sécurisant les accès.
Le département indique que les analyses réalisées jusqu’ici respectent strictement les seuils fixés par le Code de la Santé publique et que les niveaux d’empoussièrement restent bien en dessous des limites. À l’écoute des préoccupations exprimées, l’institution annonce que des mesures complémentaires ont été confiées à des sociétés certifiées le 13 décembre 2025. Elles ont démontré l’absence de fibre d’amiante dans l’air des trois salles de classe concernées.
Une intervention est programmée le samedi 10 janvier pour réaliser une aspiration de poussière sous les menuiseries, confiée à une entreprise certifiée par un laboratoire accrédité. Des mesures d’empoussièrement supplémentaires seront effectuées le 17 janvier afin de vérifier l’absence de rémanence des fibres et d’assurer la sécurité des espaces concernées.