Après l’annulation de l’édition 2026, l’association chargée de sélectionner un nouvel organisateur va lancer un appel à projets afin de repositionner le festival et de le porter encore plus loin à l’international. Le processus prévoit un renouveau du nom, du logo, voire des dates et du lieu, pour répondre aux attentes des auteurs et des éditeurs. L’annonce a été confirmée vendredi par l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA).
Un appel à projets sera publié mardi et les candidats auront jusqu’au 12 mars pour déposer leur dossier, selon la mairie et l’ADBDA. Le cahier des charges sera conçu pour être plus clair et transparent, notamment en matière de lutte contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels. Il prévoit également un accès gratuit pour les auteurs et les autres professionnels afin de faciliter leur participation.
La 53e édition, qui devait se tenir en janvier, a été annulée fin 2025 — une première annulation depuis la création du festival en 1974 — en raison de la fronde d’une partie du secteur contre la société 9e Art+, qui organisait l’événement. Cette dernière rejette toutefois la responsabilité sur les financeurs publics. Les organisateurs insistent sur la nécessité d’une remise à plat pour répondre aux critiques.
De nombreuses voix dans le secteur avaient envisagé de boycotter l’édition, pointant l’opacité et la dérive commerciale. Ils reprochaient à 9e Art+ d’avoir licencié une salariée qui avait déposé en 2024 une plainte pour un viol survenu en marge du festival. Le dialogue avec les acteurs du secteur est présenté comme une condition indispensable à la réinvention.
Trois candidats présélectionnés seront auditionnés la semaine du 6 avril, et le lauréat sera désigné la semaine suivante. Le vainqueur devra faire preuve d’une grande ambition et connaître parfaitement le secteur afin de porter l’événement à l’international. Les prochaines éditions pourraient avoir lieu entre janvier et mi-mars, au lieu de fin janvier comme par le passé.
Le futur contrat liera l’association et le prochain délégataire pour cinq ans, avec la possibilité d’une année supplémentaire. L’objectif est d’établir une trajectoire plus stable que par le passé et d’assurer une coordination efficace avec les partenaires financiers et professionnels. Les responsables indiquent vouloir que le projet se concrétise réellement avec le prestataire retenu.
Denis Bajram, représentant des États généraux de la bande dessinée, a salué la bonne volonté générale et assuré que l’avenir du festival dépendra de la concrétisation des engagements.