Le groupe Aylo, propriétaire des sites Youporn, Pornhub et Redtube, a annoncé bloquer l’accès aux nouveaux utilisateurs au Royaume-Uni dans le cadre d’une contestation de l’obligation de vérifier l’âge des internautes. Le blocage est présenté comme une réponse politique et réglementaire, et les dates varient selon les sources: certaines communiqués évoquent un démarrage dès le 2 février, d’autres mentionnent une annonce publiée le 27 février. Aylo affirme que la vérification d’âge pose problème pour la vie privée et les données personnelles des citoyens britanniques et promeut une approche centrée sur la sécurité des appareils pour les enfants: «chaque téléphone, tablette ou ordinateur devrait être configuré dès le départ comme un appareil sécurisé pour les enfants» et «détourné le trafic vers des coins plus sombres et non réglementés d’internet». En France aussi, l’entreprise a dénoncé une loi obligeant les éditeurs à vérifier l’âge des internautes et a évoqué les risques pour la liberté individuelle, selon Aylo.
Au Royaume-Uni, réaction et enjeux
L’Ofcom, régulateur de la sécurité sur Internet au Royaume-Uni, a dit vouloir continuer de dialoguer avec Aylo « afin de comprendre ce changement de position » mais assure « avoir agi avec fermeté et rapidité » contre les sites récalcitrants, avec des enquêtes visant « plus de 80 sites pornographiques ». Une amende d’un million de livres a déjà été infligée à l’un d’eux et « d’autres sanctions sont à prévoir », prévient l’organisme.
Le ministère britannique de la Technologie a rétorqué que la loi « n’empêche pas les adultes de consulter des contenus légaux et les services n’ont pas besoin de quitter le Royaume-Uni – ils doivent simplement s’assurer que les mineurs de moins de 18 ans ne peuvent pas y accéder », a-t-il déclaré dans une conférence ou une déclaration officielle. Ces échanges illustrent un débat entre protection des mineurs et liberté d’accès à Internet, dans un contexte où les autorités cherchent à éviter des contournements tout en respectant la vie privée.

Réactions et cadre en France et dans l’Union européenne
En France aussi, Aylo s’est élevée contre une loi obligeant les éditeurs de sites pornos à mettre en place un système d’identification empêchant les mineurs d’y accéder, sous peine de sanctions du gendarme du numérique et de l’audiovisuel français, l’Arcom, pouvant aller jusqu’au blocage. Après avoir suspendu une première fois début juin l’accès à ses contenus en France, l’entreprise les avait rétablis deux semaines plus tard, profitant de la suspension d’un arrêté ministériel les obligeant à vérifier l’âge de ses utilisateurs. Mais elle a finalement bloqué à nouveau l’accès mi-juillet après que la plus haute juridiction administrative a décidé de rétablir la vérification d’âge.
