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Baisse des postes dans l’éducation : impact sur les collèges en 2026

par Lea
France

La rentrée 2026 s’annonce particulièrement sensible pour les collèges de l’académie de Montpellier. Selon Stéphane Audebeau, on observe une réduction de 73 équivalents temps plein (ETP) dans le second degré, repartie entre collèges, lycées et lycées professionnels. C’est dans ce cadre que les collèges concentrent l’essentiel des diminutions, avec une prévision de 90 ETP en moins à ce niveau. Les lycées n’afficheraient pas de suppressions, ce qui les protège davantage. Cette configuration laisse entrevoir un fort impact sur l’offre éducative au niveau collégial à la prochaine rentrée.

Les répercussions sur les élèves se font sentir par des classes globalement plus chargées et par l’absence de titulaires remplaçants. En conséquence, les établissements pourraient recourir à des contractuels au dernier moment, si des candidats se présentent. Le secteur anticipe une rentrée 2026 nettement plus compliquée pour les élèves qu’en 2025, avec des incertitudes sur le remplacement des postes et sur la stabilité des équipes pédagogiques.

Le rectorat invoque une baisse démographique pour justifier ces ajustements, mais les intervenants remettent ce diagnostic en cause. Selon eux, il s’agit d’une instrumentalisation et d’une surinterprétation d’une diminution modeste. Sur l’ensemble de l’académie, 1 692 élèves de moins sont attendus en secondaire, soit environ -0,8% du total. Dans les lycées, la baisse est d’environ 270 élèves, ce qui reste faible. La diminution attendue dans les collèges, autour de 1 500 élèves, représente environ 1,3% du volume total. Pour eux, ce sont plutôt des choix économiques que des nécessités pédagogiques qui guident ces décisions.

L’un des points forts du dossier est la réalité socio-économique de certains territoires, qui n’est pas suffisamment prise en compte selon les opposants. Dans l’académie de Montpellier, plusieurs départements affichent des niveaux élevés de pauvreté et de chômage. Ils estiment avoir alerté la rectrice sur la nécessité de porter ces éléments à la connaissance du niveau ministériel, notamment dans les collèges des Pyrénées-Orientales, du Gard et de l’Hérault, où la mixité sociale est forte et où l’offre privée est déjà compétitive. Cette réalité, selon eux, mérite une attention plus juste.

La dégradation des moyens pourrait favoriser l’enseignement privé. Le Rectorat prévoit une baisse démographique quatre fois moins marquée dans le privé que dans le public. Dans le Gard, l’enseignement privé bénéficie déjà d’un avantage et absorberait une part importante de la réduction, estimée à 44% au niveau académique. L’Hérault n’est pas épargné, et Montpellier ou Béziers illustrent cette concurrence accrue. Ces dynamiques alimentent une perception de ségrégation sociale et scolaire, les familles les mieux dotées étant les plus susceptibles de se tourner vers le privé.

Face à ces évolutions, les acteurs soulignent que la question du privé n’est pas nouvelle et que les effets se font sentir surtout dans les territoires les plus touchés par les inégalités. Le débat porte sur l’équité territoriale des moyens et sur les risques d’un renforcement de l’offre privée dans certains secteurs, ce qui pourrait accentuer les disparités scolaires entre les territoires les plus pauvres et les plus favorisés.

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