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Des millions d’électeurs se sont rendus aux urnes jeudi à travers le pays pour des élections parlementaires présentées comme un test décisif pour la démocratie bangladaise après les troubles de 2024. Le scrutin mobilise un électorat inscrit d’environ 128 millions de personnes, dont 49 % de femmes, tandis que près de 5 millions d’électeurs votent pour la première fois.
La génération Z, qui a largement animé l’insurrection de 2024, est attendue au centre du vote. Par ailleurs, le nombre de candidates reste faible : seules 83 femmes figurent parmi les postulants au scrutin direct.
Un scrutin sous haute tension
Les élections Bangladesh se déroulent dans un contexte de sécurité renforcée. Plus de 100 000 membres des forces armées et environ 200 000 policiers ont été déployés pour assurer l’ordre public et protéger les bureaux de vote.
En outre, la Commission électorale a reporté le vote dans une circonscription après le décès d’un candidat, ce qui modifie légèrement le calendrier initial du scrutin.
Des alliances rivales et une recomposition politique
Deux principaux blocs concurrents dominent la compétition, conduits par d’anciens alliés. Le Parti national du Bangladesh (BNP) figure en tête des sondages, face à une coalition menée par le principal parti islamiste du pays.
La scène politique a été profondément remaniée depuis l’exclusion de la Ligue Awami, dirigée par l’ancienne cheffe du gouvernement exilée, ce qui ouvre la porte à de nouvelles alliances et à des rééquilibrages géopolitiques régionaux.
La jeunesse, clé du scrutin
La participation des jeunes sera déterminante : la génération Z a joué un rôle moteur dans les manifestations de 2024 et se présente désormais comme un acteur politique actif. Environ 5 millions de Bangladais votent pour la première fois, un chiffre susceptible d’influer sur les résultats dans de nombreuses circonscriptions.
Les analystes estiment que la mobilisation des jeunes pourrait conditionner la légitimité du prochain gouvernement et la tenue des réformes promises.
Les enjeux constitutionnels soumis au vote
Le scrutin comprend également un référendum sur plusieurs réformes constitutionnelles majeures. Ces changements visent à transformer le fonctionnement de l’État et à encadrer l’exercice du pouvoir.
- Création d’un gouvernement de transition neutre lors des périodes électorales ;
- Transformation du Parlement en une instance bicamérale ;
- Augmentation de la représentation des femmes ;
- Renforcement de l’indépendance de la justice ;
- Instauration d’une limite de deux mandats pour le poste de Premier ministre.
Ces réformes, si elles sont adoptées, pourraient redessiner les équilibres institutionnels du pays.
Candidats, règles et dynamique électorale
Le Parlement compte 350 sièges, dont 300 élus au suffrage uninominal majoritaire et 50 réservés aux femmes. Plus de 2 000 candidats — y compris de nombreux indépendants — se disputent les 300 sièges directement pourvus.
Parmi les figures en lice, Tarique Rahman, dirigeant du Parti national et fils d’une ancienne Première ministre, est l’un des favoris selon les sondages. De retour après dix-sept ans d’exil, il a appelé les citoyens à voter massivement pour « empêcher les complots » et consolider la démocratie.
De son côté, Muhammad Yunus, qui préside le gouvernement intérimaire constitué après la chute du précédent pouvoir, a déclaré que ces élections « ne sont pas un simple vote traditionnel », soulignant la portée politique de ce rendez‑vous électoral.
Enjeux pour la stabilité et l’économie
Pour les observateurs, un résultat clair est essentiel à la stabilité d’un pays de 175 millions d’habitants. Les mois de protestation ayant conduit au départ du précédent gouvernement ont provoqué des violences et perturbé des secteurs clés, notamment l’industrie du textile.
Ainsi, au-delà du changement de gouvernement, les électeurs jugeront la capacité des forces politiques à restaurer la sécurité, relancer l’économie et traduire en politiques les revendications portées par la vague de protestation de 2024.