Bill et Hillary Clinton accepteront finalement d’être auditionnés par une commission d’enquête du Congrès sur leurs liens avec Jeffrey Epstein. L’ancien président et l’ancienne secrétaire d’État ont confirmé leur présence, selon le porte-parole de Bill Clinton, Angel Urena, qui a précisé que le couple souhaitait « créer un précédent qui s’applique pour tout le monde ». Cette décision intervient après des mois de tensions et de questions sur une éventuelle entrave du Congrès.
La commission des règles de la Chambre avait envisagé d’approuver l’organisation d’un vote devant l’Assemblée pour recommander des poursuites par le ministère de la Justice à l’encontre de l’ex-président et de l’ancienne responsable de la diplomatie. Finalement, le vote a été reporté afin de déterminer si le couple avait bien accepté de comparaître conformément à l’assignation. Les élus veulent encore clarifier la question de leur conformité à la procédure.

Si les recommandations de poursuites avaient été adoptées, une inculpation formelle aurait été engagée par le ministère de la Justice, dirigé par Pam Bondi, proche du président Donald Trump. Bill et Hillary Clinton, dénonçant une procédure motivée politiquement, auraient risqué jusqu’à 12 mois de prison. Le couple avait été convoqué à plusieurs reprises par une commission d’enquête sur la gestion de l’affaire Epstein, en raison de son amitié passée avec le financier.
Jeffrey Epstein, figure marquante de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, était accusé d’avoir exploité sexuellement plus d’un millier de jeunes femmes, dont des mineures. Il s’était suicidé en prison à New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. Sa mort a donné lieu à de nombreuses théories du complot, évoquant une possible intervention pour protéger des personnalités influentes.
Bill Clinton, qui a voyagé à bord du jet privé d’Epstein à plusieurs reprises et avait été photographié en sa compagnie, avait déclaré en 2019 n’avoir plus parlé à Epstein depuis plus d’une décennie. L’ancien président a aussi démenti avoir eu connaissance des crimes et ne fait l’objet d’aucune enquête concernant sa relation avec le criminel sexuel. Ces éléments ont nourri les spéculations sur l’étendue des liens entre le couple et Epstein.
« Personne, qu’il s’agisse d’un ancien président ou d’un citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître émise par le Congrès sans conséquences », avait déclaré James Comer, élu républicain et chef de la commission, avant l’annonce du porte-parole de Bill Clinton. La discussion autour de l’affaire Epstein a refait surface dans le débat public et sur les réseaux, en particulier à l’approche des échéances législatives.
Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump avait envisagé de rendre le dossier public, mais il a tardé depuis son retour au pouvoir à le publier, suscitant des critiques sur son manque de transparence. Le sujet a alimenté les débats politiques et médiatiques sans aboutir à une publication officielle à ce stade. Vendredi, le ministère de la Justice a publié une masse de documents supplémentaires sur l’affaire Epstein, affirmant se conformer à une loi promulguée en novembre dernier.
La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein n’implique pas nécessairement des actes répréhensibles. Toutefois, les documents publiés montrent des liens entre Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports. L’éventualité de tels liens a alimenté le débat sur la transparence et les responsabilités politiques.