La poussée des prix de l’énergie attire l’attention, mais elle ne résume pas le rebond de l’inflation. En septembre 2026, Eurostat estime la hausse annuelle des prix dans la zone euro à 3,8 %, contre 3,2 % en août. Même sans l’énergie, la hausse s’accentue : 2,3 %, après 2,1 %.1
Une forte hausse peut peser sans gagner tous les prix
L’inflation globale fonctionne comme un résultat collectif : les mouvements de prix sont réunis en tenant compte de la place des différentes dépenses dans l’indice. Une catégorie peut donc faire monter ce résultat sans que les autres connaissent une hausse comparable. L’intensité du mouvement et le poids de la catégorie jouent deux rôles distincts.2
En septembre, l’énergie augmente de 18,8 % sur un an, mais son poids est de 90,3 pour mille dans l’indice de 2026. Les services progressent de 3,2 % et pèsent 468,2 pour mille. Le mouvement spectaculaire de l’énergie et celui, moins rapide, des services interviennent ainsi dans un ensemble où leurs places sont très différentes.1


Retirer l’énergie permet alors de poser une question précise : la hausse annuelle s’accélère-t-elle aussi dans le reste de l’indice ? Le passage de 2,1 % à 2,3 % répond oui. Cela ne chiffre pas la contribution de l’énergie au rebond. Cela montre que l’accélération n’est pas limitée à cette catégorie.12
Le reste de l’indice ne forme pas pour autant un bloc uniforme. Le taux annuel des services monte de 3,0 % à 3,2 %, tandis que celui des biens industriels hors énergie recule de 1,2 % à 1,1 %. Pour ces biens, les prix continuent d’augmenter sur un an, mais moins vite. Un ralentissement n’est pas une baisse des prix.1
Ce rebond n’est pas une hausse identique de toutes les factures
L’énergie elle-même réunit plusieurs usages. Elle comprend des dépenses liées au logement, notamment l’électricité, le gaz et d’autres combustibles, mais aussi les carburants et lubrifiants des transports personnels. Son taux agrégé ne permet donc pas d’identifier, à lui seul, le mouvement propre à chacun de ces postes.21
Cette logique d’agrégation vaut aussi pour les 3,8 %. L’indice harmonisé mesure des changements de prix à l’échelle des dépenses de consommation des ménages, pas le montant des achats d’une personne. Appliquer directement ce taux à un budget individuel reviendrait à traiter un indicateur collectif comme le relevé de ses propres dépenses.2
Les courbes historiques suivent aussi une zone euro dont la composition évolue : 20 pays jusqu’à décembre 2025, puis 21 depuis janvier 2026 avec l’entrée de la Bulgarie. Elles ne portent donc pas sur un ensemble de pays constant pendant toute la période représentée.1

La hausse annuelle situe les prix par rapport au même mois de l’année précédente. Pour savoir ce qui a changé depuis août, il faut regarder la variation mensuelle : elle est estimée à 0,6 % pour l’ensemble de la zone euro en septembre. Les deux mesures répondent à des questions différentes, sans décrire une hausse uniforme des achats.1
Les chiffres de septembre restent des estimations rapides. Eurostat prévoit la publication des données complètes le 16 octobre 2026. Ce rendez-vous apportera l’ensemble des indices harmonisés de la zone euro, de l’Union européenne et des États membres, au-delà des premiers résultats disponibles.1
Les 3 sources
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