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    Le projet de raccordement électrique entre le Golfe et l’Irak

    Irak, pays du Golfe

    Le projet de raccordement électrique entre le Golfe et l’Irak

    Bagdad a récemment assisté à la signature d’un contrat entre les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour mettre en œuvre un projet de raccordement du marché électrique du Golfe à l’Irak. Ce projet vise à renforcer la sécurité énergétique et permettra aux pays du CCG de fournir à l’Irak environ 3,94 térawatts/heure par an, selon les objectifs fixés pour 2025, à des prix compétitifs inférieurs à ceux de la production locale, ce qui devrait contribuer à réduire les dépenses publiques.

    Un projet en évolution

    La signature a eu lieu au siège de l’Autorité de raccordement électrique du Golfe à Dammam, en Arabie Saoudite, marquant la transition du projet, qui a débuté en juin 2023, vers l’Irak comme première étape d’une série d’opérations de raccordement en dehors des six pays du CCG. Un accord préliminaire avait été signé en juillet 2022 entre le réseau électrique du Golfe et le réseau électrique du sud de l’Irak via la station Al-Wafra au Koweït.

    La ministre irakienne de l’Électricité a indiqué que l’Irak a terminé l’année dernière les étapes de réalisation de la ligne de transmission d’énergie (Wafra – Fao, 400 kV), après que le Koweït a établi les sections de la ligne reliant la station Al-Wafra à la région de Fao, au sud de l’Irak. La première phase du raccordement comprend également l’installation d’une ligne électrique de 435 kilomètres reliant le poste frontalier d’Arar en Arabie Saoudite à la station Al-Yusufiya près de Bagdad, avec une capacité allant jusqu’à 1 000 mégawatts à 400 kV.

    Impact économique du projet

    Sur le plan financier, le projet a permis de réaliser des économies d’environ 3,6 milliards de dollars depuis son lancement, comparativement aux coûts d’investissement et d’exploitation qui s’élèvent à environ 1,5 milliard de dollars. Le projet devrait générer annuellement un commerce d’électricité entre 300 et 400 millions de dollars, avec une quantité d’énergie dépassant 4 millions de MWh par an, représentant un grand bond en avant pour les pays du CCG sur le marché électrique, tout en fournissant de l’électricité à des prix compétitifs à l’Irak.

    Actuellement, le CCG compte huit stations reliant tous les pays à travers le réseau électrique, et la station Al-Wafra, récemment créée au Koweït, sera intégrée dans ce réseau pour élargir la connexion avec le Koweït et l’Irak via la station Al-Fao dans le sud de l’Irak.

    Les besoins de l’Irak

    Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, les pays du CCG, dirigés par l’Arabie Saoudite, Oman et les Émirats Arabes Unis, ainsi que l’Irak, ont enregistré les plus fortes augmentations de la consommation d’électricité au Moyen-Orient en 2021 et 2022. L’Irak a des besoins de 34 000 mégawatts pendant les périodes de pointe, tandis qu’il ne produit actuellement que 26 000 mégawatts.

    Le spécialiste économique irakien, Ahmad Al-Shubibi, souligne que le ministère de l’Électricité irakien aspire à améliorer l’approvisionnement en électricité grâce au raccordement au Golfe à un coût inférieur à celui de la production locale. L’Irak vise à réduire le nombre d’heures de coupures programmées d’environ 500 mégawatts au cours de l’été prochain, avec un objectif d’atteindre près de 2 000 mégawatts d’ici fin 2026.

    Comparaison avec d’autres raccordements

    Le Dr Ali Al-Bakri, expert en énergie, indique que le raccordement du Golfe à l’Irak est caractérisé par une fiabilité et une stabilité élevée dans la transmission d’énergie électrique, une nécessité cruciale pour l’Irak en raison des nombreuses coupures. Al-Bakri souligne également que des engagements financiers pèsent sur toutes les nations concernées pour achever les différentes phases du projet.

    Parallèlement, l’Irak travaille à finaliser le raccordement électrique avec la Turquie, qui fournira 300 mégawatts aux provinces du nord, ainsi qu’avec la Jordanie pour alimenter les régions de l’ouest de l’Irak, notamment l’usine d’Okaashat pour le phosphate, qui soutiendra le projet de zone industrielle entre l’Irak et la Jordanie. La première phase avec la Jordanie comprend l’extension d’une ligne électrique de 330 kilomètres de la station Al-Risha en Jordanie à la région d’Al-Qaim en Irak.

    Un avenir interconnecté

    Al-Shubibi note que le raccordement au Golfe est distinct du raccordement à la Jordanie en termes de procédures techniques et de systèmes de contrôle, qui améliorent l’efficacité de la fourniture d’électricité. Les technologies avancées des pays du Golfe offrent une protection contre les cyberattaques, garantissant ainsi la durabilité et la stabilité du réseau.

    En effet, le Dr Al-Bakri confirme que la ligne de raccordement à la Jordanie est de taille modeste comparée à celle avec les pays du Golfe, avec des capacités allant jusqu’à 900 mégawatts dans sa troisième phase, alors que l’Irak assumera une part importante des coûts.

    Le raccordement électrique entre l’Irak et les pays du Golfe est une solution adoptée par Bagdad pour faire face aux défis du secteur électrique, qui souffre de coupures fréquentes dues à la réduction des approvisionnements en gaz iranien, entraînant l’arrêt de plusieurs stations.

    Anticipations pour l’avenir

    Les pays du CCG aspirent à établir des marchés régionaux au-delà des raccordements individuels actuels, comme ceux entre l’Arabie Saoudite et l’Égypte ou entre le Koweït et l’Irak. Cette vision envisage une durée de deux ans pour achever ces projets et créer un marché régional de l’électricité au service des besoins de tous les pays du CCG.

    Il est indéniable que le projet de raccordement électrique au Golfe représente une nouvelle direction pour le CCG, visant à assurer l’approvisionnement et la stabilité du réseau électrique pendant les périodes de pointe, en tenant compte des prévisions de ralentissement de la croissance de la demande d’électricité dans les pays du CCG jusqu’en 2025, ce qui ouvre la voie à l’exportation des surplus vers l’Irak, compte tenu de ses conditions difficiles et de la crise persistante depuis trois décennies.

    Historique du projet

    En 2001, il a été décidé de créer l’Autorité de raccordement électrique des pays du CCG, responsable de la construction et de l’exploitation du projet. En 2009, un accord a été conclu pour organiser la relation entre les pays participants au projet de raccordement électrique du Golfe, qui s’étend sur 1 000 kilomètres, de Koweït au nord jusqu’au sud du Golfe Arabe.

    L’Irak souffre depuis le début des années 90 d’un énorme déficit en énergie électrique, après la destruction de son réseau national pendant la deuxième guerre du Golfe et les sanctions économiques qui ont suivi, jusqu’en 2003. Cette période a contraint l’Irak à des coupures programmées de l’électricité, atteignant plus de 20 heures par jour en été.

    Les projets de relèvement de la production d’énergie électrique en Irak après 2003 n’ont pas réussi, augmentant la dépendance du pays vis-à-vis du gaz importé d’Iran pour répondre aux besoins des projets énergétiques, tandis que le gaz associé aux opérations d’extraction de pétrole est souvent brûlé, entraînant des pertes de millions de dollars par jour sans en tirer aucun bénéfice.

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