Capgemini affirme que le contrat passé par l’une de ses filiales avec l’agence américaine ICE n’est pas en cours d’exécution. Dans un message interne envoyé aux salariés, le groupe indique que « le contrat n’est pas en cours d’exécution car il fait l’objet d’un recours » et que la filiale américaine a « d’ores et déjà engagé un processus d’examen du contenu de ce contrat ». Selon Capgemini, ce contrat attribué en décembre 2025 n’est pas actif à date, et le conseil d’administration a prévu un comité exceptionnel dans le week-end, selon le groupe.

Capgemini affirme que le contrat ICE n’est pas en cours d’exécution
Capgemini précise que le contrat attribué à sa filiale américaine et à ICE n’est pas actif à ce stade, et qu’un recours est en cours. Dans un message interne, l’entreprise indique que « d’après les informations qui ont été portées à sa connaissance, ce contrat attribué en décembre 2025 n’est pas actif à date, et le groupe a évoqué la possibilité d’un examen du contenu du contrat ». Selon le groupe, « Sur proposition du directeur général Aiman Ezzat, un conseil d’administration exceptionnel de Capgemini est prévu dans le week-end », a par ailleurs été indiqué par la société.
Cette position est complétée par des précisions sur la structure concernée: selon le dirigeant, la filiale indépendante, soumise à la législation américaine, « prend les décisions de manière autonome, dispose de réseaux étanches, et (…) le groupe Capgemini est dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée, à des contrats classifiés », avait-il déclaré. Dimanche, Aiman Ezzat avait également indiqué sur LinkedIn avoir « appris par des sources publiques » la signature du contrat entre sa filiale et ICE pour des méthodes décrites comme violentes.
Le dirigeant a aussi affirmé que « la nature » et le périmètre du contrat avaient « soulevé des interrogations au regard de ce que [Capgemini fait] habituellement en tant qu’entreprise de services et de technologie ». « La moindre des choses, je pense, de la part d’une entreprise française (…), c’est d’être transparente sur les contrats qu’elle a avec ICE, mais peut-être aussi qu’elle les questionne », a-t-il ajouté.
Réactions et implications pour les salariés et le gouvernement
Du côté gouvernemental, le ministre de l’Economie Roland Lescure a réaffirmé l’importance de la transparence lors de ses vœux à la presse: « La moindre des choses, je pense, de la part d’une entreprise française (…), c’est d’être transparente sur les contrats qu’elle a avec ICE, mais peut-être aussi qu’elle les questionne ». Cette prise de position intervient alors que les questions techniques et éthiques autour de l’utilisation d’outils de localisation alimentent le débat public.
La CGT a lancé une pétition interne appelant à mettre fin au contrat et une réunion avec les représentants du personnel a été convoquée vendredi matin. Des informations publiées par l’Observatoire des multinationales et relayées par France 2 indiquent que Capgemini a notamment fourni à ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères. Dimanche, des éléments rapportés par Aiman Ezzat ont été évoqués, tandis que le dirigeant a réaffirmé que la structure indépendante agit de manière autonome et que le groupe ne peut accéder à des informations classifiées.
En outre, les échanges publics autour de l’affaire indiquent que cette affaire pourrait influencer l’image du groupe et les attentes des salariés, qui réclament des clarifications sur le champ exact des activités confiées à ICE et sur les mécanismes de contrôle au sein de Capgemini.