Le fabricant français Carmat, spécialiste du cœur artificiel, échappe à la liquidation et obtient une reprise lors d’une audience au tribunal de commerce de Versailles le 1er décembre. L’offre unique présentée par Pierre Bastid, président du conseil d’administration et actionnaire, est retenue et la nouvelle structure Carmat SAS est mise en place pour reprendre l’activité. Le plan prévoit la conservation de 88 des 127 salariés, avec 39 postes supprimés, et rappelle que Carmat demeure l’une des rares entreprises au monde à développer un cœur artificiel.
À Versailles, la justice valide l’offre de reprise pour Carmat
La décision rendue ce 1er décembre par le tribunal des affaires économiques de Versailles retient l’offre unique déposée par Pierre Bastid et ordonne la cession de la SA Carmat au profit de Carmat SAS, nouvelle entité qui prendra la suite de l’activité. Le pronostic vital de Carmat avait été engagé lors du placement en redressement judiciaire début juillet. L’opération prévoit 88 salariés conservés sur 127 début décembre, et 39 licenciements pour motif économique. Mi-octobre, le tribunal avait accordé un délai supplémentaire dans le cadre de la poursuite du redressement judiciaire et Pierre Bastid, actionnaire à hauteur de 17 %, avait été le seul à déposer une nouvelle offre, associant Santé Holding, la holding de la famille Ligresti. Ce nouveau plan passe par le rachat des actifs et la création de la nouvelle structure privée baptisée Carmat SAS, financée à parts égales entre ces repreneurs liés par un pacte d’actionnaires. L’entreprise dont le nom combine celui de son inventeur médical Alain Carpentier, chirurgien cardiaque, et de l’entreprise Matra Defense, est l’une des rares sociétés au monde à développer un cœur artificiel entier.

En octobre, 122 personnes avaient été équipées d’un cœur Carmat, dont un Bourguignon de 75 ans opéré au CHU de Dijon en avril 2024. Le CHU de Dijon avait été l’un des soutiens du projet, et les responsables hospitaliers rappelaient l’objectif d’obtenir un cœur biocompatible pour limiter les risques de coagulation et les caillots, un élément mis en avant par les professionnels qui suivent la technologie de Carmat.
Concessions et conséquences humaines: 88 postes conservés et 39 licenciements
La reprise suppose la création d’une Carmat SAS et la répartition du capital entre les repreneurs liée par un pacte d’actionnaires. Le texte officiel précise que les actionnaires «subiront la perte intégrale de leur investissement, tandis qu’une grande partie des créanciers de Carmat subiront une perte très significative pouvant porter sur l’intégralité de leurs créances».

Cette reprise est présentée comme un espoir pour les patients en attente de greffe, mais les responsables soulignent que la pérennité du projet dépendra de la capacité des repreneurs à financer durablement l’activité et à rassurer les partenaires financiers. Dans le même temps, Carmat rappelle que 122 personnes ont été équipées d’un cœur Carmat à ce jour, dont un Bourguignon mentionné précédemment, et que l’objectif d’avoir un cœur artificiel biocompatible demeure fragile face aux défis de financement et de croissance.
En synthèse, la décision du tribunal de Versailles entérine la reprise et l’émergence d’une Carmat SAS, tout en rappelant que 39 postes seront supprimés et que des pertes importantes pourraient être supportées par les actionnaires et les créanciers. Le chemin reste incertain pour l’avenir de Carmat et pour l’ampleur de l’impact social et industriel que représente ce pari sur l’innovation médicale française.