Accueil ActualitéComment les récents bouleversements à l’est du Yémen impactent Sokotra

Comment les récents bouleversements à l’est du Yémen impactent Sokotra

par Sara
Yémen, Émirats arabes unis, Arabie saoudite

Les récents bouleversements politiques à l’est du Yémen — marqués par l’annulation d’accords de défense, des demandes de retrait des forces étrangères et des remous au sein des autorités séparatistes du Sud — ont des répercussions immédiates sur Sokotra. L’archipel, réputé pour sa biodiversité unique, subit aujourd’hui une recomposition du pouvoir local et des perturbations dans la fourniture des services essentiels.

Une autorité parallèle structurée autour de services clés

Depuis juin 2020, l’administration locale de Sokotra s’est trouvée sous l’influence du Conseil de transition du Sud, soutenu militairement et économiquement par les Émirats arabes unis. Cette configuration a permis à des acteurs liés à ce courant de gérer directement des secteurs vitaux : électricité, santé, approvisionnement en carburants et industrie de la pêche.

Sur le terrain, des sociétés et structures opérant sous cette tutelle assuraient une part importante des services quotidiens, ce qui a créé, selon plusieurs observateurs locaux, une sorte d’autorité parallèle aux institutions de l’État yéménite.

Réactions locales et position des protagonistes

Malgré l’annonce officielle de la dissolution de certaines instances séparatistes, des responsables et sympathisants à Sokotra, dont le gouverneur local, n’ont pas reconnu pleinement ces décisions. Des dirigeants locaux pourraient recourir à des actions d’escalade, qu’elles soient médiatiques ou de mobilisation populaire, pour préserver des intérêts administratifs et sociaux.

Des manifestations pro-émiraties ont par ailleurs été organisées, reflétant la polarisation autour des changements en cours et la dépendance d’une partie de la population à des services gérés par des acteurs extérieurs.

Un retrait émirati incomplet et ses effets immédiats

Selon des experts et responsables locaux, le départ des Émirats n’a pas été total. Des relais du Conseil de transition continuent d’assurer la gestion de plusieurs infrastructures, tandis que d’autres activités ont été frappées par des arrêtés ou des suspensions.

Parmi les conséquences directes figurent l’arrêt de la production dans une usine de transformation de poisson le 6 janvier et la notification de fin de contrat à des employés d’un hôpital soutenu auparavant par des fonds externes. Ces décisions ont entraîné une perte soudaine de capacités opérationnelles dans des secteurs sensibles pour l’île.

Perturbations des services de base et réponse humanitaire

Les autorités locales et des responsables sanitaires décrivent le retrait comme accompagné du retrait de matériels et d’un arrêt des soutiens, provoquant une brèche immédiate dans la fourniture des services. L’impact se fait sentir sur l’accès aux soins, l’électricité et l’approvisionnement en carburant.

Face à ce vide, des acteurs régionaux ont engagé des mesures d’atténuation : des équipes de reconstruction ainsi que des opérations d’aide ont été mobilisées pour reprendre la gestion d’infrastructures critiques, et des vols humanitaires ont été acheminés vers l’île.

Signes d’une reprise de l’autorité étatique et enjeux à venir

Dans les dernières semaines, des symboles de réaffirmation de l’État sont apparus à Sokotra : levée du drapeau national sur certains bureaux et démarches administratives alignées sur les décisions du gouvernement reconnu. Ces gestes traduisent une stratégie d’adaptation locale et la volonté d’éviter des remous administratifs.

Parallèlement, la reprise de liaisons aériennes directes entre Sokotra et Jeddah marque une ouverture logistique majeure, jusque‑là déviée vers d’autres hubs régionaux. Ce rétablissement des connexions commerciales et humanitaires est considéré comme une étape clé pour stabiliser l’île.

Perspectives

La normalisation de la situation à Sokotra dépendra de la capacité de l’État à restaurer rapidement le contrôle effectif des services et des infrastructures, ainsi que de garanties pour l’emploi et la continuité des prestations. Les transitions déjà observées dans d’autres provinces de l’est du Yémen offrent des modèles de passation qui pourraient être appliqués à l’archipel.

Pour la population de Sokotra, l’enjeu majeur reste l’accès durable à l’électricité, aux soins et aux activités de pêche, sources de subsistance qui conditionneront l’acceptation d’un nouvel ordre politique et administratif.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/19/%d9%83%d9%8a%d9%81-%d8%a3%d8%ab%d8%b1%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d8%aa%d8%b7%d9%88%d8%b1%d8%a7%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d8%a3%d8%ae%d9%8a%d8%b1%d8%a9-%d8%b4%d8%b1%d9%82%d9%8a-%d8%a7%d9%84%d9%8a%d9%85%d9%86

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