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La Corée du Nord a présenté une cinquantaine de lance-roquettes, affirmant qu’ils sont capables d’emporter des charges nucléaires, lors d’une cérémonie organisée à Pyongyang quelques jours avant le 9e congrès du Parti des travailleurs. L’annonce, largement relayée par la presse d’État, s’inscrit dans une préparation affichée de la présidence nord-coréenne à définir de nouveaux objectifs militaires et de construction.
Présentation des lance-roquettes
Des images diffusées par les médias officiels montrent des dizaines de véhicules-lanceurs alignés sur la place de la Maison de la culture de Pyongyang, lieu prévu pour accueillir le congrès. Selon la chaîne officielle, cinquante exemplaires de calibre 600 mm ont été présentés par des ouvriers de l’armement.
Le dirigeant Kim Jong Un a qualifié ces armes de « merveilleuses » et « attrayantes » et a souligné leur vocation stratégique, utilisant une expression courante à Pyongyang pour évoquer des capacités nucléaires.
Caractéristiques revendiquées et portée
Pyongyang affirme que les lance-roquettes intègrent des systèmes de guidage composites et des technologies automatisées, présentées comme des éléments destinés à dissuader tout « ennemi ». Ces éléments ont été mis en avant comme des avancées technologiques dans la modernisation des forces armées.
Des experts cités par la presse estiment que le système pourrait lancer des projectiles sur des distances d’environ 400 kilomètres, couvrant ainsi la totalité du territoire sud-coréen. Selon ces analyses, l’objectif prioritaire serait de neutraliser la puissance aérienne combinée de la Corée du Sud et des États-Unis.
Implications militaires
Les analystes mettent en garde contre le danger que représenterait l’adjonction d’ogives tactiques nucléaires à ce type de système : une batterie tirant plusieurs salves pourrait, selon eux, causer des dégâts considérables à une base aérienne.
La capitale sud-coréenne, Séoul, se situe à moins de 50 kilomètres de la frontière, soulignant la vulnérabilité d’infrastructures et de populations civiles en cas d’escalade.
Contexte politique avant le congrès
Le signalement de ces armes intervient alors que Kim Jong Un prépare le 9e congrès du Parti, présenté comme l’occasion de déclarer une nouvelle phase de l’initiative de défense autonome et d’accélérer un « projet de renouvellement constant des capacités militaires ». Le congrès devrait préciser l’orientation de la politique extérieure, la planification militaire et les ambitions nucléaires pour les prochaines années.
Les médias d’État ont récemment rapporté l’arrivée de délégations en vue du rassemblement, alimentant les spéculations sur un démarrage imminent des travaux.
Réactions et tensions transfrontalières
Les forces armées sud-coréennes observent de près le développement de ces capacités, a indiqué un porte-parole des états-majors conjoints. Les relations intercoréennes restent tendues : Pyongyang a suspendu presque toutes les discussions et formes de coopération avec Séoul depuis 2019, et a abandonné l’objectif d’une réunification pacifique au profit d’une conception désormais hostile d’un « système à deux États ».
Parallèlement, la sœur du dirigeant, Kim Yo Jong, a reconnu une forme d’excuse d’un responsable sud-coréen au sujet d’incursions présumées de drones civils, tout en affirmant que Pyongyang renforçait la sécurité frontalière contre « l’ennemi ». La Corée du Nord cite des incidents en septembre et en janvier ; Séoul nie avoir déployé des drones aux dates indiquées et les autorités sud-coréennes enquêtent sur trois civils suspectés d’envois depuis des zones frontalières.
Points clés
- Nombre de lance-roquettes présentés : 50.
- Calibre annoncé : 600 mm.
- Portée estimée par des analystes : environ 400 km, couvrant la Corée du Sud.
- Lieu de la présentation : place de la Maison de la culture de Pyongyang, en prélude au 9e congrès du Parti.
- Contexte : montée des tensions intercoréennes et renforcement déclaré des capacités militaires nord-coréennes.