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Crise agricole en France : arrestations et mobilisations massives

par Lea
France

Ce 7 janvier 2026, des convois agricoles ont tenté de paralyser Toulouse. Plusieurs agriculteurs ont été placés en garde à vue, provoquant la colère de la profession.

Alors que plus d’une centaine de tracteurs ont investi la capitale ce jeudi 8 décembre, la mobilisation agricole de la veille, organisée aux abords de Toulouse, continue de susciter de vives réactions. Le mouvement, qui a notamment entraîné la paralysie de l’autoroute A61 jusqu’en soirée, a profondément marqué les esprits.

Selon les autorités, les actions menées par les agriculteurs ont donné lieu à plusieurs interpellations et sanctions. Une quinzaine d’agriculteurs ont été placés en garde à vue et une cinquantaine d’amendes ont été infligées, selon le préfet de la Haute-Garonne et de la région Occitanie, ce jeudi 8 décembre.

Cette situation a mis le feu aux poudres au sein de la profession agricole. Sébastien Durand, président de la Coordination rurale de l’Ariège (CR 09), dénonce les conditions des gardes à vue. Le président de la CR Occitanie, Éloi Nespoulous, est en garde à vue et on ignore où il a été emmené.

« Est-ce qu’on est vraiment dans une démocratie ? » interroge le responsable syndical. Il précise que plusieurs figures du mouvement sont concernées par ces mesures et que les avocats se chargent de les faire sortir. « J’ai réussi à savoir, par personne interposée, où il était. Mais il n’y a pas que lui : il y a son adjoint, Théo, et aussi un gars du 81 », précise-t-il. Une situation qui, selon lui, attise la colère sur le terrain : « Pour ces trois-là, tout s’embrase à Rodez, tout s’embrase à Albi. Et nous, on ne va pas rester inactifs en Ariège », avertit-il.

Sébastien Durand appelle à la libération immédiate des agriculteurs placés en garde à vue. « Il faut faire sortir les agriculteurs de garde à vue, sinon on va aller les sortir. On va aller les sortir. N’importe où en France, d’ailleurs. Il ne faut pas qu’ils restent en garde à vue », prévient-il, dénonçant également la saisie de matériel agricole. « Les tracteurs sous scellés, c’est une honte, simplement parce que nous voulons aller pacifiquement à Paris pour amener nos doléances à l’Assemblée nationale. Je ne parle même pas de l’accueil policier qu’on a eu hier au péage. Est-ce qu’on est vraiment dans une démocratie ? C’est impensable ».

Le représentant de l’État, Pierre-André Durand, a évoqué l’ampleur des dégradations liées aux manifestations depuis le début du mouvement, évaluant les dégâts à « plusieurs millions d’euros », dont « presque un million d’euros en Ariège ».

Des estimations qui ont suscité une vive indignation au sein de la profession agricole.

Sébastien Durand conteste fermement ces chiffres, les juge infondés et affirme qu’ils visent à retourner l’opinion publique contre les agriculteurs. « C’est un scandale, ce qu’il dit là », s’emporte-t-il.

Le président de la Coordination rurale de l’Ariège réfute toute dégradation matérielle et affirme qu’ils n’ont pas causé de dégâts : « On n’a pas fait de dégâts, on n’a pas touché les grilles, on n’a rien entreposé. Ce n’est pas possible de laisser insinuer qu’on a mis la saison touristique en l’air à Tarascon, alors que la station de ski d’Ax n’a jamais aussi bien tourné que cette année, article de La Dépêche à l’appui ». Pour l’heure, les syndicats annoncent que le blocage du tunnel de Foix est maintenu.

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