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La Havane affirme être en contact limité avec Washington, sans toutefois parler de « dialogue » formel, a indiqué un haut diplomate cubain, tandis que le président américain Donald Trump intensifie la pression en menaçant de bloquer les approvisionnements en pétrole vers l’île.
Échanges diplomatiques encadrés
Carlos Fernandez de Cossio, vice‑ministre des Affaires étrangères de Cuba, a précisé que des messages avaient circulé entre les deux gouvernements et que des communications étaient en cours entre ambassades, mais que cela ne constituait pas encore une table de négociation. Il a souligné que La Havane restait « prête à avoir un dialogue sérieux, significatif et responsable ». En outre, il a laissé entendre qu’un dialogue pourrait, éventuellement, déboucher sur des négociations.
Pour autant, de Cossio a clairement indiqué que certains sujets demeuraient non négociables pour Cuba : sa constitution, son économie et son système socialiste. Ainsi, malgré l’ouverture apparente aux échanges, des lignes rouges persistent dans les pourparlers potentiels.
Pressions américaines sur l’approvisionnement en pétrole
Parallèlement aux déclarations diplomatiques, M. Trump a multiplié les menaces publiques. Depuis son domaine de Mar‑a‑Lago en Floride, il a affirmé que les États‑Unis avaient engagé des discussions avec « les plus hautes autorités » cubaines et qu’il espérait « conclure un accord » avec l’île.
Plus gravement, l’exécutif américain a qualifié Cuba de « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité nationale, et Trump a averti qu’il imposerait des tarifs supplémentaires aux pays qui continueraient à fournir du pétrole à Cuba. Ce type de pression vise notamment les fournisseurs régionaux qui soutiennent l’île.
Le rôle du Mexique et les craintes d’une rupture d’approvisionnement
Le Mexique est l’un des principaux fournisseurs de pétrole à Cuba et a jusqu’ici refusé d’interrompre les livraisons pour des raisons humanitaires. Toutefois, la perspective de représailles commerciales ou tarifaires de la part des États‑Unis a suscité des inquiétudes à Mexico et au‑delà.
En face, Washington a indiqué vouloir empêcher la plupart des flux de carburant vers Cuba, y compris ceux en provenance du Venezuela, allié historique de l’île. Depuis peu, ces mesures contribuent à aggraver la crise énergétique cubaine, provoquant des pénuries de carburant, des hausses du coût des denrées et des coupures d’électricité de plusieurs heures.
Riposte et avertissements de La Havane
Selon de Cossio, la tentative de contraindre tous les pays à cesser de fournir du carburant à Cuba est vouée à l’échec. « Les États‑Unis tentent de forcer chaque pays du monde à ne pas fournir de carburant à Cuba. Cela peut‑il être soutenu à long terme ? » a‑t‑il déclaré, estimant que ces pressions pourraient se retourner contre leurs initiateurs.
Par ailleurs, les autorités cubaines ont vivement dénoncé les actions américaines, qu’elles jugent destinées à étrangler économiquement l’île. Après des décennies de sanctions, la récente montée en intensité des mesures américaines a contribué à polariser davantage la situation et à mettre en lumière les risques humanitaires liés à une rupture d’approvisionnement en énergie.
Enjeux et perspectives
Alors que la possibilité d’un « dialogue Cuba États‑Unis » ressort pour la première fois de façon publique depuis la brusque montée des tensions, la portée réelle de ces contacts reste incertaine. Le succès de toute conversation dépendra d’abord de la capacité des deux parties à définir des sujets échangeables sans franchir les lignes rouges de l’autre.
En attendant, la pression sur les fournisseurs de pétrole et les conséquences économiques sur l’île continueront de peser sur la population cubaine, rendant cruciales les décisions prises par les gouvernements impliqués dans les semaines à venir.