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Le vote a commencé dimanche matin en Birmanie pour la dernière étape d’une élection générale organisée en trois phases, clôturant une procédure d’approximativement un mois. Dès l’ouverture des bureaux, les observateurs ont décrit un scrutin qui devrait consacrer une victoire nette du principal parti pro‑armée. Cette issue garantit aux dirigeants militaires et à leurs alliés une majorité parlementaire suffisante pour former le prochain gouvernement.
Un scrutin largement verrouillé en faveur du camp militaire
Les deux premiers tours ont déjà donné l’avantage au Parti de l’unité et du développement de l’Union, soutenu par l’armée. Par ailleurs, la Constitution réserve 25 % des sièges des deux chambres au pouvoir militaire, un mécanisme qui lui assure, avec ses alliés, le contrôle de l’assemblée nationale. En conséquence, le général Min Aung Hlaing — chef de la junte au pouvoir — est pressenti pour accéder à la présidence lorsque le nouveau parlement se réunira.
Contestations et critique internationale
Les opposants affirment que ces élections ne sont ni libres ni honnêtes et qu’elles visent principalement à légitimer le pouvoir militaire instauré après le coup d’État de 2021. En outre, l’Association des nations de l’Asie du Sud‑Est (ASEAN) a annoncé qu’elle n’avait pas dépêché d’observateurs et qu’elle ne validerait pas le processus, en soulignant des inquiétudes sur l’absence d’une participation véritablement inclusive et ouverte. Le ministre malaisien des Affaires étrangères a relayed ces réserves devant son Parlement, pointant le manque de conditions permettant un scrutin crédible.
Conflit et zones non électorales
Les élections ne se tiennent pas dans de vastes régions contrôlées par des groupes rebelles engagés dans la guerre civile qui ravage le pays depuis le coup. Après l’annulation des résultats du scrutin de 2020 et l’arrestation de la figure démocratique Aung San Suu Kyi, la Birmanie — environ 50 millions d’habitants — a sombré dans un conflit prolongé. Malgré cela, la junte présente le vote comme un retour à la normalité démocratique, alors que de nombreux citoyens et organisations dénoncent la militarisation du processus politique.
Calendrier et perspectives
Les autorités électorales devraient publier les résultats officiels d’ici la fin de la semaine prochaine, mais le parti pro‑armée pourrait annoncer sa victoire dès lundi. Néanmoins, l’absence de vote dans plusieurs provinces et les doutes internationaux sur la transparence rendent incertaine la portée de ce résultat au plan diplomatique. À court terme, la formation d’un parlement dominé par les partisans de la junte laisse peu de marges de manœuvre pour une reprise réelle du processus démocratique.
Enjeux pour la région
Ce scrutin intervient à une semaine du cinquième anniversaire du coup d’État de 2021, un jalon qui ravive les préoccupations régionales en matière de stabilité et de droits de l’homme. Par ailleurs, l’absence d’une reconnaissance internationale large et la poursuite des hostilités internes compliquent les perspectives d’un retour à la paix. Pour les observateurs, les « élections Birmanie » illustrent davantage une consolidation du pouvoir militaire qu’une transition démocratique effective.