Le général Philippe Morillon, ancien commandant des forces de l’ONU en Bosnie, est décédé jeudi à l’âge de 90 ans, a annoncé l’armée de Terre sur X, tout comme le ministère des Armées. Il avait commandé la Force de protection des Nations unies (Forpronu) en Bosnie, de septembre 1992 à juillet 1993, et avait pris sa retraite en 1996. Sa disparition intervient alors que sa figure demeure associée à une période marquée par les efforts de protection des civils et par le souvenir de la crise des années 1990.
Le chef d’état-major de l’armée de Terre, Pierre Schill, a exprimé sa tristesse en soulignant que Morillon fut un grand serviteur de la France et qu’il incarna, en Bosnie, la volonté de la communauté internationale de protéger les populations civiles. Son action symbolise l’objectif d’unité internationale pour la protection des civils.
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a salué la mémoire de cette grande figure, précisant que son parcours l’a mené de Saint-Cyr au Parlement européen, en passant par Sarajevo. Elle a ajouté que son sens de l’engagement pouvait inspirer les jeunes générations en des temps incertains. Elle a aussi évoqué la contribution de Morillon à l’image de l’institution militaire.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rendu hommage au général Morillon, estimant qu’il incarnait l’engagement total au service de la France et qu’il fut tant défenseur de la paix que protecteur des populations civiles. Selon lui, notre pays lui doit beaucoup.
Le nom du général Morillon demeure associé au drame de Srebrenica. En mars 1993, il avait gagné une notoriété mondiale en déclarant aux habitants de l’enclave assiégée que les forces des Nations unies les protégeaient et qu’ils ne seraient pas abandonnés.
Deux ans plus tard, en juillet 1995, l’enclave tombe aux mains des forces serbes de Bosnie dirigées par le général Ratko Mladic, condamné plus tard à la réclusion à perpétuité par le TPIY. Dans les jours qui suivirent, environ huit mille hommes et adolescents musulmans furent exécutés ou périrent dans des embuscades.
Après sa carrière militaire, Morillon a poursuivi une carrière politique en tant que député européen sous l’étiquette du parti centriste UDF.