Accueil ActualitéDémission à Adelaide Writers’ Week après l’annulation d’une autrice

Démission à Adelaide Writers’ Week après l’annulation d’une autrice

par Sara
Australie, Palestine, Israël, Nouvelle-Zélande

La directrice d’Adelaide Writers’ Week, Louise Adler, a annoncé sa démission après la décision du conseil d’administration d’annuler la participation de l’autrice et militante palestinienne Randa Abdel-Fattah, décision contre laquelle elle dit s’être « opposée avec la plus grande fermeté ». La démission d’Adler marque une nouvelle escalade dans une affaire qui met en lumière les tensions autour de la liberté d’expression en Australie et a conduit à un vaste mouvement de boycott.

Pourquoi l’auteur a été retirée de la programmation

Le conseil d’administration du festival a expliqué avoir jugé que la venue d’Abdel-Fattah ne serait pas « culturellement appropriée » au regard du climat national après l’attaque meurtrière sur la plage de Bondi. Quinze personnes ont perdu la vie lors de cet attentat visant une célébration hanséatique de Hanoucca ; les autorités ont indiqué que les deux tireurs s’étaient inspirés de l’organisation État islamique.

Retours et contestations

La décision d’exclure Randa Abdel-Fattah a suscité une forte réaction publique et institutionnelle. Abdel-Fattah a dénoncé son éviction comme « un acte flagrant et sans honte de racisme anti-palestinien » et comme « une odieuse tentative de m’associer au massacre de Bondi ». De son côté, Louise Adler a qualifié l’annulation de « coup porté à la liberté d’expression » et d’« présage d’une nation moins libre » dans un éditorial publié au sujet de l’affaire.

  • Près de 180 écrivains et intervenants ont rejoint l’appel au boycott, parmi lesquels d’anciennes personnalités politiques et des romanciers de renom.
  • Plusieurs membres du conseil et intervenants ont eux-mêmes démissionné ou retiré leur participation en signe de protestation.

Des soutiens et des oppositions

Malgré le mouvement de solidarité autour d’Abdel-Fattah, la décision du conseil a reçu le soutien de plusieurs responsables politiques et d’organisations communautaires. Le Premier ministre de l’État d’Australie-Méridionale, Peter Malinauskas, ainsi que certains parlementaires fédéraux et groupes juifs se sont prononcés en faveur du retrait de l’invitation.

Les détracteurs d’Abdel-Fattah ont notamment cité des propos où elle se dit favorable à la « décolonisation » et critique du sionisme, qualifiant son objectif de mettre fin à « cette colonie sioniste meurtrière ». Ces déclarations ont été utilisées par ses opposants pour justifier l’exclusion judiciaire de sa présence au festival.

Accusations d’intimidation politique

Dans son texte de départ, Louise Adler a dénoncé l’action de lobbies pro-israéliens qu’elle accuse d’adopter des méthodes « de plus en plus extrêmes et répressives », provoquant un effet d’intimidation dans le débat public australien. Elle a également pointé la formule selon laquelle « Bondi a tout changé », devenue selon elle une nouvelle justification permettant une pression politique et médiatique accrue sur les institutions culturelles.

Réponse nationale

Parallèlement à la controverse autour du festival, le gouvernement australien a annoncé une journée nationale de deuil le 22 janvier pour rendre hommage aux victimes de l’attaque de Bondi Beach. Le Premier ministre Anthony Albanese a précisé que cette journée serait « un rassemblement d’unité et de souvenir », avec les drapeaux en berne sur les bâtiments du Commonwealth.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/13/australian-writers-festival-boss-resigns-after-palestinian-author-axed

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