Lors de ses vœux aux armées, prononcés le 15 janvier, Emmanuel Macron a demandé aux industriels de la défense d’accélérer leur cadence de production. « On est en train de sortir du marché », a-t-il lancé, et il leur a demandé « d’accélérer ». Le secteur, qui rassemble environ 4 500 entreprises, a déjà enregistré des progrès, notamment en réduisant de plusieurs mois la construction de canons César, de munitions simples et d’obus 155 mm. Les Forges de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, avaient été au bord de la liquidation en 2021; elles produisent aujourd’hui plus de 2 000 obus par semaine. Mais la demande demeure soutenue et les industriels se heurtent à des difficultés de recrutement et à des procédures d’appels d’offres complexes. L’État demeure le principal commanditaire et l’enveloppe budgétaire pour les armées, encore en discussion à l’Assemblée, est estimée à au moins 6,7 milliards d’euros supplémentaires.
Macron appelle les industriels à accélérer la cadence lors des vœux du 15 janvier
Dans ses vœux, le président a répété que la France est le deuxième exportateur d’armes et a rappelé que la production demande du temps pour des produits complexes. « Nous avons doublé, parfois triplé nos capacités de production, nos rythmes de production. Soyons francs avec nous-mêmes. Est-ce que nous sommes en économie de guerre, à proprement parler ? La réponse est non. » Il a toutefois ajouté qu’il serait possible d’envisager des solutions européennes si elles permettent d’aller plus vite ou d’être plus efficaces.
La discussion s’est aussi penchée sur les financements: des fonds privés et publics se déploient pour soutenir start-up, PME et ETI du secteur. Bpifrance a lancé un fonds « Défense » accessible à des particuliers pour financer 500 structures non cotées, et des outils comme le fonds « Émergence défense » piloté par la Caisse des dépôts et des assureurs. Le Crédit mutuel-Arkéa a par ailleurs renforcé son accompagnement des industriels à hauteur de 500 millions d’euros.

Ressources, formations et dynamiques régionales
Pour accélérer ces efforts, certains acteurs évoquent des formations internes: Naval Group a notamment lancé sa propre école de formation pour accompagner la fabrication de sous-marins. Des signaux régionaux montrent des avancées, avec des clusters comme Eden en Auvergne-Rhône-Alpes et des carnets de commandes qui se multiplient dans le Grand Est et en Normandie. Les chaînes restent toutefois inégales selon les territoires.
