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France suspend les importations de produits agricoles traités avec des substances interdites dans l’UE

par Lea
France

La France a décidé, ce mercredi 7 janvier, de suspendre les importations de produits agricoles traités avec des substances interdites en Union européenne. Cette décision vise à ne commercialiser sur le territoire que des denrées ne présentant aucun résidu de ces substances. Elle s’inscrit dans une démarche de sécurité alimentaire renforcée et de traçabilité des produits importés. Dimanche, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait déjà souligné que les produits ne seraient autorisés à la vente que s’ils n’affichent aucun résidu.

Le décret publié au Journal Officiel détaille les substances ciblées : carbendazime, benomyl, glufosinate, thiophanate-méthyl et mancozèbe. Chacune de ces substances est associée à certaines denrées, comme les pamplemousses, les avocats, les mangues, les pommes de terre ou les pêches. Le texte précise que les contrôles devront vérifier l’absence de résidus quantifiables avant la mise sur le marché. L’arrêté précise aussi que les denrées acquises par l’importateur ou le distributeur au plus tard un mois après l’entrée en vigueur ne sont pas concernées.

Selon le texte, l’interdiction prendra fin dès l’application de mesures adaptées par la Commission européenne ou, à défaut, un an après l’entrée en vigueur. La Commission disposerait d’un délai de dix jours pour s’y opposer et pourrait étendre ces dispositions à l’ensemble de l’Union. Cette éventualité illustre la dimension européenne du dossier et la coordination attendue entre les États membres.

Annie Genevard avait déjà indiqué que les fruits visés ne seraient vendus en France que s’ils ne présentent aucun résidu. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a écrit à ce sujet une lettre ouverte aux agriculteurs promettant des contrôles massifs, renforcés aux frontières et sur le territoire. Le texte y décrit une approche ferme contre les écarts et la nécessité d’un suivi rigoureux.

Le monde agricole n’est pas convaincu par le dispositif et les réactions se sont multipliées. La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs promettent des actions fortes si une signature était inscrite dans les faits. La Coordination rurale a exprimé son mécontentement dès lundi et, par la voix de son président Bertrand Venteau, a dénoncé l’interdiction des convois de tracteurs et réaffirmé l’appel à une mobilisation vers Paris.

Dans ce contexte, le gouvernement a assuré que les contrôles seraient renforcés et structurés pour éviter toute dérive. Les acteurs agricoles estiment que la mesure peut peser sur les échanges et sur leurs filières.

Alors que la Commission européenne envisage la signature d’un accord commercial avec le Mercosur, la France affirme sa position sur les normes sanitaires et la sécurité des consommateurs.

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