Des cerfs-volants lancés depuis Gaza sont désormais au cœur d’un contentieux qui mêle menaces d’opérations, cessez-le-feu et protection des civils. Le Conseil de la paix les a rangés parmi les « activités armées », tandis que les Nations unies ont condamné les menaces d’évacuation visant les zones d’où ils partiraient.
Une plainte et une qualification contestée
L’État sioniste a saisi le Conseil de la paix à propos de ces cerfs-volants. Un responsable de cette instance, présidée par Donald Trump et chargée de superviser l’application de l’accord de cessez-le-feu, a demandé l’arrêt de toutes les activités armées à Gaza, « y compris le lancement de cerfs-volants ».
Le même responsable a rappelé que l’État sioniste devait lui aussi respecter le cessez-le-feu et que ses opérations ne pouvaient aller au-delà d’une réponse à des menaces réelles et imminentes. Après l’examen de quatre cerfs-volants retrouvés près de la colonie de Nahal Oz, l’armée sioniste a indiqué n’y avoir découvert aucun matériau suspect et qu’ils ne présentaient pas de danger pour le public.
Les Nations unies dénoncent les menaces d’évacuation
Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Israel Katz, avaient menacé dimanche d’intensifier les opérations si les lancers de cerfs-volants, de drones et de ballons ne cessaient pas, et d’évacuer les habitants des zones concernées.
La porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, a qualifié de « honteuse » la menace d’expulser des habitants en raison de cerfs-volants lancés par des enfants. Elle y a vu un discours inacceptable, exprimé au plus haut niveau des autorités sionistes, et contraire aux exigences du droit international des droits humains et du droit humanitaire.
Un appel à empêcher les lancers dans les camps
À Gaza, des comités populaires réunissant des organisations civiles et des associations caritatives qui gèrent des camps et des abris de déplacés ont demandé aux parents d’empêcher les enfants de lancer des cerfs-volants. Un responsable du Hamas a affirmé que cet appel avait été coordonné avec le mouvement.
Ces comités ont présenté cette démarche comme une mesure de protection des enfants, dans un contexte où les violations du cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre 2025 se poursuivent. Mardi, le bilan rapporté dans l’article faisait état de sept Palestiniens tués par des tirs de l’armée sioniste dans la bande de Gaza, dont deux personnes mortes de blessures reçues lors de frappes antérieures.