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Vendredi, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation d’un immeuble résidentiel du quartier al-Zaytoun, au sud-est de Gaza, avant de le détruire quelques heures plus tard par des frappes aériennes. Cette opération relance la pratique des « avertissements préalables » et élargit la zone de ciblage au cœur des quartiers civils, intensifiant l’inquiétude parmi la population locale.
La frappe et ses circonstances
Selon les autorités militaires, l’ordre d’évacuation visait un bâtiment présenté comme hébergeant ou contenant des « infrastructures » de groupes armés. Le bâtiment ciblé, connu sous le nom d’« immeuble Shaban », abritait des dizaines de familles; des centaines d’habitants ont été contraints de fuir le quartier par crainte des bombardements.
Il s’agit de la deuxième destruction d’un immeuble signalée depuis l’aube de vendredi, après l’effondrement d’une habitation appartenant à une famille à Khan Younès. Cette attaque précédente a fait au moins un blessé et causé d’importants dégâts aux tentes de déplacés et aux constructions voisines.
- Ordres d’évacuation envoyés par les forces militaires avant la frappe.
- Destruction complète de l’immeuble peu après l’évacuation.
- Déplacements massifs et anxiété parmi les résidents du quartier.
Réactions et images sur les réseaux
Les images et séquences diffusées par des habitants montrent des familles quittant précipitamment leurs logements après les avis militaires, puis les bâtiments réduits en ruines. Ces vidéos, largement commentées, ont provoqué une forte colère publique et un sentiment d’injustice chez de nombreux Gazaouis.
Sur les réseaux sociaux, des internautes estiment que ces opérations ne sont pas aléatoires mais s’inscrivent dans une stratégie concertée visant à légitimer des frappes ciblant des zones résidentielles. D’autres soulignent l’impact psychologique et matériel de ces évacuations obligatoires, qui transforment des familles en déplacés sous la contrainte.
Parallèles avec le « modèle libanais »
Plusieurs observateurs et activistes perçoivent dans ces actions un rapprochement avec le modèle opérationnel appliqué dans le sud du Liban, où des avertissements similaires ont précédé des frappes sur des villages. Ils craignent que ce schéma ne serve de justification pour frapper toute infrastructure ou personne considérée comme une menace.
Selon ces voix, la répétition des procédures d’alerte et de destruction tend à normaliser le recours à la force aérienne contre des zones civiles, et pourrait annoncer une phase prolongée de frappes « ciblées » sous prétexte de neutraliser des capacités militaires.
Conséquences humanitaires et contexte du cessez-le-feu
La pratique de l’évacuation Gaza provoque une nouvelle vague de déplacements et accroît la vulnérabilité des populations déjà fragilisées. Les militants dénoncent une politique qui transforme l’évacuation en instrument de délogement forcé, multipliant le nombre de ménages exposés aux intempéries et au manque d’abris adéquats.
Ces événements interviennent alors que le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 10 octobre 2025, connaît des violations récurrentes. Washington avait annoncé l’entrée en vigueur d’une « phase deux » mi-janvier, comprenant la réouverture du passage de Rafah, des retraits israéliens supplémentaires et la facilitation de la reconstruction. Or, des acteurs locaux affirment que ces engagements sont contournés et redoutent que soit préservée la capacité de frapper Gaza depuis les airs sans reconnaître l’effondrement formel de la trêve.
Face à la hausse des évacuations et des bombardements, la population et les organisations humanitaires appellent à la protection des civils et au respect des obligations liées au cessez-le-feu. À court terme, les habitants de Gaza s’attendent à voir se multiplier les déplacements et les dommages aux infrastructures vitales si le schéma des avertissements suivis de frappes se poursuit.