Table of Contents
Harold Huwart, député Liot d’Eure-et-Loir, est devenu le seul élu à voter en faveur de la partie recettes du budget 2026 lors de la première lecture à l’Assemblée nationale, dans la nuit du 21 au 22 novembre. Sur 577 votants, 404 ont rejeté et 84 se sont abstenus, un score qui illustre une Assemblée profondément divisée sur les finances publiques. Ce geste isolé s’inscrit dans un parcours politique atypique, mêlant mandats locaux et responsabilités nationales, et dans un contexte où le groupe Liot tente de maintenir une ligne indépendante face au gouvernement et à l’opposition.
À l’Assemblée nationale, Harold Huwart vote seul pour le budget 2026
Cette voix singulière s’inscrit dans un vote qui a été largement défavorable au texte et qui a donné lieu à une statistique rarement observée: 404 voix contre et 84 abstentions, sur un total de 577 parlementaires. Harold Huwart, 43 ans, député de la 3e circonscription d’Eure-et-Loir, est ainsi apparu comme le seul parlementaire à soutenir la partie recettes du budget 2026.
« Je vais voter pour. Je veux un budget pour la France. Je ne comprends pas par quelle logique vous arrivez à trouver une majorité sur chaque article et une unanimité contre le texte », avait dénoncé à l’AFP l’élu de la 3ᵉ circonscription d’Eure-et-Loir avant le vote. Cette posture symbolique a été largement commentée, et certains soulignent qu’elle met en lumière les limites d’un texte dont le rejet a été quasi général, même en l’absence d’union d’accord sur l’ensemble du projet.
Selon l’analyse des commentateurs et des intervenants, ce vote est perçu comme une expression personnelle et non comme une manœuvre politique destinée à renverser le pouvoir. Le député a assuré par ailleurs qu’il ne cherche pas à faire « coup politique », mais à soutenir un texte qu’il juge plus présentable que celui de l’année précédente et qui, selon lui, pourrait favoriser une économie plus juste. À l’échelle nationale, ce geste est perçu comme le symbole d’un parlement morcelé, où les lignes entre groupes se brouillent et où chaque voix peut compter pour des raisons propres à chaque territoire.

Un parcours local et une figure du Liot dans l’Eure-et-Loir
Natif de Chartres et âgé de 43 ans, Harold Huwart a construit sa carrière autour d’un ancrage local fort. Maire de Nogent-le-Rotrou (2020-2024) et vice‑président du conseil régional du Centre‑Val de Loire (2021-2024), il a été élu député lors des élections législatives anticipées de 2024, en battant le candidat du RN au 2e tour. Son parcours mêle passages par Matignon et au service des cabinets ministériels, et sa formation passe par l’Ecole nationale d’administration (ENA). Au‑delà de ses mandats, il a été impliqué dans des dossiers de développement économique locaux et dans la politique territoriale de sa région.
En novembre 2025, à l’aube de la présidentielle de 2027, Harold Huwart se positionnait en faveur d’une candidature sociale-démocrate et évoquait une « amorce d’un rassemblement » entre personnalités de gauche et de centres modérés, considérant cette capacité à rassembler comme indispensable face à une éventuelle « union des droites ». Selon Le HuffPost et d’autres analyses locales, cette démarche témoigne d’un souci de lisibilité pour les territoires et d’un refus de dévier vers des calculs purement tactiques au profit de coalitions plus cohérentes.

Réactions et implications pour le débat budgétaire
Cette sortie de route apparente rappelle que l’Assemblée nationale demeure une institution caractérisée par des fractures et des recompositions, où les groupes gouvernementaux savent qu’ils dépendent d’un compromis parfois fragile pour faire avancer des textes budgétaires. Les réactions des autres groupes ont été variées, les oppositions pointant la montée des impasses et les soutiens du gouvernement oscillant entre abstentions et votes contre ou pour selon les articles.
Harold Huwart a également évoqué, dans le cadre de ses interviews et prises de parole, une volonté d’éviter des mécanismes radicalisés comme le recours à un 49-3 et d’éviter des mesures « qui pourraient être ruineuses pour le pays ». Ses propos, relayés par plusieurs médias régionaux et nationaux, soulignent une approche pragmatique et territoriale, centrée sur une certaine justice fiscale et une contribution des grandes fortunes, tout en restant fidèle à une certaine indépendance politique.
Alors que se prépare une période de négociations et de réallocations budgétaires, l’émergence d’un vote isolé rappelle que le paysage politique peut encore offrir des surprises et que les alliances autour de Liot restent un facteur à surveiller dans les discussions à venir autour du budget 2026 et des finances publiques. Selon les analystes, ce geste pourrait influencer les marges de manœuvre du gouvernement et la manière dont les collectivités locales perçoivent le rôle du parlement dans l’élaboration des lois de finances.