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Informatique spatiale : la révolution des mondes numériques

par Sara
Qatar, États-Unis, Moyen-Orient

Le monde bascule d’expériences virtuelles cloisonnées vers une ère que beaucoup qualifient déjà d’informatique spatiale : une intégration fluide entre espace réel et espace numérique transformant la manière dont nous interagissons avec l’information et les autres. Amy Peck, fondatrice et directrice d’EndeavorVR, affirme que l’intelligence artificielle n’est plus une simple boîte à outils, mais l’architecte qui redessine notre rapport au numérique et au réel.

Des lunettes qui deviennent désirables

Selon Peck, la première génération de lunettes « wearables » a montré ses limites : encombrantes et peu adaptées à un port prolongé, ces appareils n’étaient pas réellement « portables » au sens pratique. Aujourd’hui, la tendance est à la fusion entre design et technologie, avec des acteurs qui mettent l’accent sur l’esthétique et le confort pour favoriser l’adoption.

Elle cite en exemple l’évolution stratégique de certains fabricants qui renoncent à la miniaturisation coûteuse de gros casques pour développer des lunettes au style classique, susceptibles d’être acceptées socialement. Ce changement place l’utilisateur au centre et vise à insérer la technologie dans le quotidien sans créer d’obstacle physique.

Comportements, interfaces et normes culturelles

Pour Amy Peck, l’enjeu majeur n’est plus seulement technologique mais comportemental. Les fabricants tentent de comprendre intuitivement comment les gens veulent interagir avec des lunettes connectées et comment ces interactions peuvent être intégrées dans des kits de développement communs.

Elle souligne que des entreprises comme Apple étudient l’interaction organique des utilisateurs avec les écrans pour concevoir des interfaces naturelles et homogènes. Mais Peck met aussi en garde : sans une base d’utilisateurs suffisante, il reste difficile de définir des standards d’interaction universels.

Par ailleurs, la réussite sociale de l’informatique spatiale dépendra du respect des normes culturelles locales. Certaines sociétés refusent les caméras « always on » et d’autres pourraient rejeter certaines commandes gestuelles. Peck insiste : la rupture du « présent » numérique survient immédiatement lorsqu’une norme culturelle est bafouée, d’où la nécessité de règles et de gouvernances claires.

IA générative et nouveaux usages industriels

Peck explique que l’IA générative rapproche la promesse d’un usage accessible au grand public : bientôt, un utilisateur pourra créer un univers ou une configuration par simple commande vocale naturelle. Toutefois, la technologie reste en maturation et nécessite des améliorations pour devenir totalement fiable et intuitive.

À l’échelle industrielle, elle imagine des scénarios où un concepteur dessine une ligne de production entière par la voix et simule ensuite des parcours opérationnels en demandant au système si un opérateur aux caractéristiques données pourra réaliser une tâche spécifique. Cette capacité de prototypage vocal promet d’accélérer l’innovation et de libérer la créativité bridée par les outils traditionnels.

Qatar, cybersécurité et stratégies régionales

Interrogée sur la région, Peck estime que le Qatar bénéficie d’un avantage décisif grâce à une infrastructure numérique bâtie sur plusieurs décennies. Cette avance permettrait à des pays de la région de passer du statut de consommateurs technologiques à celui de créateurs de contenus immersifs.

Elle recommande de connecter de petits centres numériques pour gagner en influence globale et met la cybersécurité au cœur de cette stratégie. Le partage collectif de données sur les anomalies et les menaces cybernétiques, selon elle, peut générer une forme d’intelligence collective capable de prévenir les attaques avant qu’elles ne surviennent.

Propositions pour préserver la vie privée et la souveraineté

Face aux risques liés aux données biométriques, Peck alerte sur l’usage des caméras orientées vers l’intérieur qui analysent, par exemple, les mouvements de la pupille. Ces signaux pourraient être exploités commercialement pour cibler et manipuler des vulnérabilités psychologiques.

Pour restaurer l’agence individuelle, elle propose plusieurs mesures techniques et institutionnelles destinées à donner aux individus et aux États plus de contrôle sur leurs données :

  • Des agents d’intelligence artificielle personnels, associés à des bases de données privées par individu.
  • Un jumeau numérique « souverain », lié aux autorités pour valider certaines informations (âge, etc.) sans divulguer les documents originaux.
  • Un protocole « Time to Live » garantissant que les données stockées chez les entreprises ne persistent que le temps nécessaire avant suppression automatique.

Peck conclut en se déclarant optimiste, mais insiste sur l’urgence d’établir dès maintenant des cadres réglementaires pour éviter que le contrôle des données ne leur échappe.

EndeavorVR et le rôle des conseillers

EndeavorVR, cabinet consultatif basé aux États-Unis, accompagne entreprises et institutions dans leurs stratégies de réalité augmentée, réalité virtuelle et informatique spatiale. L’entreprise se concentre sur la réduction du fossé entre technologies avancées et applications concrètes dans l’industrie, l’éducation et les services, afin d’améliorer efficacité et productivité.

source:https://www.aljazeera.net/tech/2026/2/7/%d8%a2%d9%85%d9%8a-%d8%a8%d9%8a%d9%83-%d9%84%d9%84%d8%ac%d8%b2%d9%8a%d8%b1%d8%a9-%d9%86%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d8%ad%d9%88%d8%b3%d8%a8%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%85%d9%83%d8%a7%d9%86%d9%8a%d8%a9

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