La réponse courte
À Gaza, l’arrêt annoncé des marchandises commerciales ne signifie pas l’interruption de toutes les entrées. Dans la situation décrite le 15 octobre 2026, aucun camion commercial venu d’Israël n’est entré, affirme Nahed Shhaibar, président du syndicat des transporteurs privés de Gaza. Il fait toutefois état d’entrées de camions d’aide humanitaire et de marchandises commerciales venues d’Égypte.1
Pour comprendre la portée de l’arrêt, il faut donc distinguer deux choses : l’origine des produits et leur statut, commercial ou humanitaire. Une marchandise commerciale venue d’Égypte ne relève pas du flux commercial venant d’Israël. Elle peut aussi passer par un point de passage contrôlé par Israël : le contrôle de la frontière ne désigne pas, à lui seul, la provenance des marchandises. Les entrées signalées depuis l’Égypte empruntent précisément un tel passage.1
L’interruption annoncée porte sur la coordination avec le COGAT, l’organisme militaire israélien chargé des affaires humanitaires à Gaza. Celui-ci affirme que des marchands gazaouis ont cessé de coordonner l’entrée de leurs marchandises en raison de frais de 10 000 shekels par camion imposés par le Hamas et d’une exigence de règlement en espèces pour 30 % de leurs ventes. Le Hamas conteste cette présentation : il qualifie les frais de contribution volontaire de Gazaouis aisés à un fonds de solidarité et justifie l’encouragement des paiements en espèces par une pénurie aiguë de liquidités. Le caractère obligatoire de ces versements reste donc contesté.1
Cette distinction entre commerce et aide est aussi indispensable pour lire les chiffres. L’accord négocié sous médiation américaine prévoit l’entrée d’au moins 600 camions d’aide humanitaire par jour. Israël défend une autre lecture : son obligation porterait sur 600 camions au total, les marchandises commerciales devant compléter l’aide. Compter ensemble les camions commerciaux et humanitaires ne permet donc pas de mesurer le respect d’un seuil portant uniquement sur l’aide.1
Les volumes effectivement acheminés font, eux aussi, l’objet d’évaluations divergentes. Le COGAT annonce que l’arrêt de la coordination ramènerait le total quotidien à environ 300 camions, soit une réduction de moitié. Des diplomates estiment pourtant que les entrées habituelles sont très inférieures à 600. Shhaibar les situe plutôt autour de 300, dont deux tiers de camions commerciaux. Ces chiffres décrivent tantôt un effet attendu, tantôt une estimation du trafic habituel : ils ne constituent pas un décompte commun des entrées du 15 octobre. La poursuite de certains passages ne suffit donc pas à établir que le volume d’aide prévu est atteint.1
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