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Pouvoir accru du Premier Ministre dans la déclaration des zones spéciales en Trinidad et Tobago

Pouvoir accru du Premier Ministre dans la déclaration des zones spéciales en Trinidad et Tobago

Par Marie 3 min de lecture

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Trinidad et Tobago

Le Parlement de Trinité-et-Tobago s’apprête à examiner un projet de loi sécuritaire majeur visant à endiguer la criminalité endémique. Ce texte controversé accorderait au Premier ministre, Kamla Persad-Bissessar, le pouvoir de décréter des « zones spéciales », permettant des opérations conjointes armée-police, des couvre-feux et des perquisitions sans mandat.

Une réponse législative à la violence des gangs

Face à une recrudescence inquiétante des meurtres et des guerres de gangs, le gouvernement propose une nouvelle approche juridique intitulée The Law Reform (Zones of Special Operations) Bill, 2026. Ce projet de loi, qui sera débattu dès la reprise parlementaire, vise à rétablir l’État de droit dans des communautés spécifiques où la sécurité publique est gravement menacée.

Inspiré d’une législation similaire adoptée par la Jamaïque en 2017, ce texte permet au Premier ministre, en sa qualité de président du Conseil de sécurité nationale, de déclarer une zone géographique comme « Zone spéciale » (Special Zone). Cette déclaration doit être justifiée par des preuves raisonnables d’une criminalité galopante ou d’une menace directe à l’ordre public.

Zones spéciales, sécurité, loi : les pleins pouvoirs opérationnels

Une fois la zone déclarée, la gestion sécuritaire est confiée à un commandement conjoint. Celui-ci est composé d’un membre des forces de défense (au grade minimum de major) et d’un officier de police (au grade minimum de surintendant). Cette structure hybride vise à coordonner efficacement les actions sur le terrain pour saisir armes à feu, munitions et contrebande.

Les pouvoirs conférés aux forces de l’ordre au sein de ces zones sont considérables :

  • Couvre-feux et cordons de sécurité : Les autorités peuvent imposer un cordon de sécurité pour une durée maximale de 24 heures et un couvre-feu pouvant aller jusqu’à 72 heures.
  • Perquisitions sans mandat : Les membres de la Force conjointe sont autorisés à fouiller personnes, véhicules et lieux sans mandat judiciaire s’ils soupçonnent la commission d’une infraction.
  • Contrôles d’identité : Tout individu se trouvant dans la zone peut être sommé de décliner son identité. Le refus ou la falsification d’informations est passible d’une amende d’environ 2 700 euros (20 000 dollars locaux).

Garde-fous juridiques et droits humains

Conscient des risques de dérives, le législateur a intégré plusieurs garde-fous au texte. Le projet stipule que les opérations doivent « préserver les droits fondamentaux et les libertés » des résidents respectueux de la loi. Les membres du commandement conjoint devront être formés aux droits de l’homme et à l’usage de la force. De plus, l’utilisation de caméras-piétons (body cams) sera obligatoire dans la mesure des ressources disponibles.

En matière de détention, les procédures pénales classiques s’appliquent. Une personne arrêtée doit être présentée devant un magistrat dans les 48 heures. Si le magistrat estime que la détention n’est pas justifiée, la libération immédiate doit être ordonnée. Les détenus conservent le droit de visite (avocats, médecins, famille) et l’accès aux soins médicaux.

Un volet social pour une paix durable

Au-delà de la répression, le projet de loi prévoit la création d’un comité social de dix membres. Sa mission sera d’élaborer un plan de développement économique et social durable pour chaque zone déclarée, impliquant le député local et diverses agences gouvernementales. Une révision de la loi par un comité parlementaire conjoint est également prévue au plus tard trois ans après la première déclaration de zone.

Le défi de l’adoption parlementaire

Pour être adopté, ce projet de loi nécessite une majorité spéciale des trois cinquièmes à la Chambre des représentants et au Sénat. Si le gouvernement dispose des voix nécessaires à la Chambre basse, il devra convaincre pour obtenir les deux voix manquantes au Sénat. Les sanctions prévues pour entrave aux forces de l’ordre sont sévères : jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende avoisinant les 6 800 euros (50 000 dollars locaux).

Source: https://trinidadtribune.com/special-zones-power-in-pms-hands/

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