La Syrie a précisé les modalités d’enseignement du kurde dans les établissements des zones où la population kurde est considérée comme notable. La décision organise les cours, une phase transitoire pour certaines matières et le recrutement des enseignants, mais son application dépendra désormais des moyens réunis sur le terrain.
Un enseignement intégré aux programmes des zones concernées
Le ministère syrien de l’Éducation a modifié les instructions d’application du décret n° 13 de 2026, relatif aux Kurdes syriens et à l’école. Le texte présente le kurde comme une langue nationale et autorise son étude dans les établissements publics comme privés des zones où les citoyens kurdes représentent une part notable de la population.
Dans ces zones, la matière doit intégrer les programmes à tous les niveaux. L’organisation annoncée repose sur deux volets : trois séances hebdomadaires consacrées à la langue kurde, dont la note entre dans le total final, et une séance d’activités. Le Centre national de développement des programmes est chargé de préparer les contenus propres à cet enseignement et de traduire le matériel des activités.
Une première année de transition pour les matières littéraires
Pour la première année scolaire suivant l’entrée en vigueur de la décision, les élèves pourront choisir l’arabe ou le kurde pour les études sociales, l’histoire, la géographie et la philosophie, dans le cadre des programmes approuvés. Cette possibilité est limitée à cette année de transition.
Le dispositif prévoit aussi que les directions de l’éducation et de la supervision pédagogique assurent les effectifs nécessaires. Les recrutements peuvent provenir de l’intérieur ou de l’extérieur des cadres existants, selon des conditions précisées par le texte. Les personnes retenues doivent justifier d’un diplôme universitaire ou d’un diplôme d’institut de formation des enseignants et maîtriser la langue ; en cas de besoin, des titulaires du baccalauréat peuvent être admis après des épreuves écrites et orales communes.
Les conditions d’application au centre des attentes
La décision suscite des réactions contrastées. Des universitaires, responsables et journalistes cités dans l’article y voient une avancée dans la reconnaissance de la place de la langue kurde. D’autres estiment que le périmètre géographique retenu et le volume des cours ne répondent pas encore à toutes les attentes.
Le point décisif sera l’exécution du dispositif : disponibilité des enseignants, préparation des manuels, traduction des programmes, infrastructures et règles d’encadrement devront être réunies pour que l’enseignement annoncé puisse fonctionner dans les écoles concernées. Le texte ne transforme pas pour autant le kurde en langue officielle de la Syrie.