La réponse courte
Des milliers de personnes ont manifesté à Tunis, samedi 17 octobre 2026, contre le président Kaïs Saïed. Conduit par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et des organisations de la société civile, le rassemblement a fait se rejoindre deux contestations : celle de la concentration du pouvoir et celle des difficultés de la vie quotidienne.1
Sur l’avenue Habib-Bourguiba, des partis d’opposition de différents courants ont défilé aux côtés d’avocats, de médecins, de journalistes et de personnes sans emploi. Cette composition donne au rassemblement une portée qui dépasse la seule opposition entre partis : des participants issus de plusieurs professions et des organisations civiles ont partagé le même espace de protestation contre le pouvoir.1
Le rapprochement était aussi visible dans les revendications. Les manifestants réclamaient la libération de détracteurs de Saïed et la fin de ce qu’ils dénoncent comme des attaques contre les droits syndicaux. Des pancartes exprimaient leur colère face au chômage et à la pollution. En scandant que les prisons sont pleines et que la population a faim, le cortège associait explicitement les libertés aux conditions matérielles, plutôt que de les présenter comme deux combats séparés.1
Cette articulation prend un sens concret avec les coupures récurrentes d’eau et d’électricité et les pénuries de médicaments et de biens essentiels qui touchent le pays. Yassine Gharseli, venu de Sfax, a ainsi évoqué les coupures et la succession des crises tout en affirmant être venu défendre sa liberté. Son témoignage illustre la rencontre de ces motifs dans le cortège, sans permettre de mesurer leur poids respectif parmi l’ensemble des participants.1
La contestation du pouvoir s’inscrit dans le prolongement des décisions prises en 2021 et 2022 : Saïed a élargi ses prérogatives, dissous le Parlement, révoqué des dizaines de juges et gouverné par décret. Ses opposants qualifient ces mesures de coup d’État. Des organisations de défense des droits l’accusent également d’avoir intensifié la répression visant la société civile, les journalistes et l’opposition. Le président rejette ces accusations, nie être un dictateur et accuse ses adversaires de provoquer des crises économiques pour attiser les troubles sociaux.1
La source
Signaler une erreurCet article vous a-t-il aidé à comprendre ?
Connectez-vous pour donner votre avis : il aide la rédaction à savoir ce qui reste à expliquer.
Discussion
Soyez le premier à réagir. Un compte gratuit suffit ; le premier message est relu avant publication.





