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Les protestations contre la détérioration des conditions de vie se poursuivent en Iran pour la troisième semaine consécutive, malgré une coupure quasi générale d’internet. Des rapports font état de nombreux morts parmi les manifestants, tandis que dans plusieurs régions des rassemblements ont également soutenu le gouvernement et dénoncé ce que les autorités qualifient d’« actes de vandalisme ».
Des images diffusées par des organisations de surveillance des droits humains montrent des cadavres entassés au bâtiment du service médico-légal de Kahrizak, dans la province de Téhéran, où des familles se rendent pour identifier leurs proches. Certains observateurs estiment que le nombre de dépouilles pourrait atteindre plusieurs centaines.
Les bilans restent contradictoires. Une source de surveillance a avancé la mort de centaines de manifestants et des dizaines d’agents de sécurité, ainsi que l’arrestation de plus de dix mille personnes depuis la fin décembre. D’autres rapports évoquent un nombre de victimes dépassant les 500. Parallèlement, une agence proche des autorités a affirmé que plus d’une centaine de membres des forces de sécurité ont été tués lors d’affrontements qualifiés d’émeutes.
Bilan humain et contrôle de l’information
Le pays connaît depuis plusieurs jours une interruption significative de l’accès à internet, selon des ONG spécialisées dans la surveillance des réseaux. Cette coupure complique la vérification indépendante des événements et limite la circulation d’images et de témoignages depuis les zones concernées.
Face à ces restrictions, certains Iraniens recourent à des services de connexion par satellite pour tenter de contourner les blocages. Ces recours ont été rapportés par des interlocuteurs à l’intérieur du pays et permettent à des informations de filtrer malgré la tentative d’isolement numérique.
Manifestations pro-gouvernement
En réaction aux violences, des rassemblements en soutien au régime ont eu lieu dans plusieurs villes iraniennes. La radiotélévision d’État a rapporté des manifestations notamment à Ispahan, Rasht, Kerman, Birjand, Arak et dans la capitale, où des cortèges sont partis de la place de la Révolution.
Les participants ont brandi le drapeau de la République islamique et ont organisé des prières pour les membres des forces de l’ordre « tombés » lors des incidents, que les autorités attribuent à des « fauteurs de troubles ». Le guide suprême, Ali Khamenei, a déclaré que les rassemblements massifs en faveur du régime constituaient un avertissement adressé aux puissances étrangères, en référence aux menaces d’intervention évoquées auparavant par des responsables internationaux.
Le gouvernement a par ailleurs décrété trois jours de deuil national pour les victimes, incluant des membres des forces de sécurité, selon les annonces officielles.
Multiples récits et imprécisions
La situation sur le terrain reste fluide et les chiffres communiqués divergent selon les sources. Tandis que les autorités insistent sur le caractère criminel et violent de certains rassemblements, des organisations de défense des droits humains et des témoins signalent des répressions meurtrières contre des manifestants pacifiques.
Dans ce contexte tendu, il reste difficile d’établir un tableau exhaustif et vérifié des événements. Les prochains jours seront cruciaux pour mesurer l’évolution des manifestations en Iran et l’ampleur des réponses sécuritaires.