Table of Contents
Au jour 1 437 de la guerre Russie‑Ukraine, une accalmie ponctuelle touchant les infrastructures énergétiques contraste avec une intensification des frappes et des pertes civiles sur plusieurs fronts, tandis que les tensions diplomatiques restent vives entre Moscou, Kyiv et les partenaires internationaux.
Accalmie sur les infrastructures énergétiques
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a annoncé qu’une pause d’une semaine dans les frappes visant les infrastructures énergétiques avait débuté, au moment où les températures hivernales chutent drastiquement. Il a précisé que, sauf exception, les régions n’avaient pas été ciblées durant la nuit de vendredi à samedi.
Pour autant, le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a indiqué que Moscou n’avait consenti à une trêve que jusqu’à dimanche. Peskov a aussi affirmé que cette pause faisait suite à une demande personnelle évoquée par des responsables, visant à favoriser un climat propice aux négociations.
Dans la capitale, le maire Vitali Klitschko a alerté sur la situation humaine : 253 immeubles restent privés de chauffage, alors que des températures nocturnes ont atteint jusqu’à -23 °C.
Violences et bilan des combats
Les violences se poursuivent dans plusieurs régions malgré la pause annoncée sur les installations énergétiques. Les autorités régionales ont fait état de victimes civiles et de destructions liées à des attaques aériennes, par drones, missiles et artillerie.
- Dans la région de Kherson, un minibus transportant des passagers a été touché : le conducteur de 48 ans a été tué et cinq personnes blessées, dont deux grièvement, a rapporté le gouverneur Oleksandr Prokudin sur Telegram.
- Prokudin avait par ailleurs indiqué que trois personnes avaient été tuées la veille dans des attaques par drones, missiles et artillerie à travers la région.
- Près du village de Novoosinove (Kherson), une femme de 47 ans a été tuée et une autre de 52 ans blessée, selon le gouverneur Oleh Syniehubov.
- Le ministère ukrainien de la Défense a signalé le tir d’un missile balistique Iskander‑M et le lancement de 111 drones vers l’Ukraine durant la nuit et le matin ; environ 80 appareils ont été abattus par les forces ukrainiennes.
- Le Premier ministre ukrainien Yulia Svyrydenko a précisé que sept attaques avaient visé des infrastructures ferroviaires au cours des dernières 24 heures.
Sur le plan territorial, le ministère russe de la Défense a annoncé la prise du village de Ternuvate, dans la région de Zaporizhia, tandis que des médias russes rapportent également la saisie de Richne (Zaporizhia) et de Berestok (Donetsk). Des observatoires de terrain ukrainiens font état d’occupations et d’avancées russes supplémentaires en Dnipropetrovsk, Sumy et Zaporizhia.
Politique et diplomatie
Sur le plan diplomatique, Volodymyr Zelenskyy a déclaré avoir invité Vladimir Poutine à se rendre à Kyiv pour des pourparlers « si ce dernier ose », précisant qu’il était prêt à accepter divers formats de rencontre, sans toutefois se rendre à Moscou ou en Biélorussie.
En Russie, des responsables parlementaires ont appelé à l’emploi d’armes plus puissantes pour atteindre les objectifs de l’opération militaire spéciale. Le président de la Douma, Vyacheslav Volodin, a exprimé sur Telegram la volonté de députés d’utiliser des « armes de représailles » pour parvenir aux buts visés.
Par ailleurs, le ministère russe des Affaires étrangères a averti qu’il userait « de tous les moyens disponibles » pour défendre les navires battant pavillon russe après l’interception, par la marine française, d’un tanker suspecté d’appartenir à une « flotte fantôme », puis son transfert au port de Marseille‑Fos.
Sur le plan institutionnel européen, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a annoncé l’inscription de la Russie sur une liste noire liée au risque de blanchiment d’argent, mesure destinée à ralentir et renchérir les transactions avec les banques russes.