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La Chine se présente de plus en plus comme un partenaire commercial fiable pour des pays traditionnellement alignés sur les États‑Unis — et pour d’autres qui se sentent marginalisés par la politique de Donald Trump. Depuis le début de 2026, Pékin a reçu une série de visiteurs de haut rang, signe d’un possible rééquilibrage des relations internationales et d’une volonté de certains États de renouer avec la Chine.
Rapprochements diplomatiques
Le président Xi Jinping a accueilli ces dernières semaines plusieurs dirigeants étrangers, dont le président sud‑coréen, le Premier ministre canadien, ainsi que les chefs de gouvernement de la Finlande et de l’Irlande. Parallèlement, le Premier ministre britannique effectue une visite de trois jours à Pékin et le chancelier allemand devrait s’y rendre fin février.
Ces déplacements concernent notamment des alliés historiques des États‑Unis qui ont subi, au cours de l’année passée, des mesures commerciales punitives et des menaces tarifaires émanant de l’administration américaine. Ainsi, pour certains gouvernements, le rapprochement avec la Chine apparaît comme une option pragmatique face à des relations transatlantiques devenues plus incertaines.
Davos et la rhétorique chinoise
La stratégie de communication de Pékin a trouvé un écho particulier au Forum économique mondial de Davos, où les responsables chinois ont réaffirmé leur attachement au multilatéralisme et au libre‑échange. Leur message a joué volontairement sur le contraste avec les discours protectionnistes et transactionnels tenus par Washington.
Le vice‑premier ministre chinois a souligné que, malgré les imperfections de la mondialisation, la réponse ne peut pas être le repli, mais doit passer par le dialogue et la coopération. Il a également critiqué les « actes unilatéraux » et les accords commerciaux qui, selon lui, bafouent les règles internationales et perturbent l’ordre économique mondial.
Accords commerciaux et gestes de confiance
La visite du Premier ministre canadien à Pékin a illustré cette dynamique : Ottawa et Pékin ont convenu d’alléger certains droits de douane, notamment pour des exportations agricoles canadiennes, tandis que le Canada a accepté d’assouplir certaines barrières sur les véhicules électriques chinois. Ces avancées interviennent après une période de relations tendues, marquée par l’arrestation en 2018 d’une dirigeante d’une entreprise chinoise et la détention de ressortissants canadiens.
La signature de ces accords a été critiquée par Donald Trump, qui a menacé d’imposer des droits de douane de 100 % sur le Canada si l’accord se concrétisait. Malgré ces déclarations, plusieurs gouvernements européens et nord‑américains semblent vouloir diversifier leurs partenariats économiques au‑delà de la seule relation avec les États‑Unis.
Une offre perçue comme stable, mais pas sans réserves
Pour certains observateurs, la Chine capitalise sur l’impression d’instabilité engendrée par une politique américaine perçue comme erratique. En rappelant son soutien aux institutions internationales et à des règles du jeu mondiales, Pékin cherche à apparaître comme un acteur fiable et prévisible.
Cependant, cet attrait s’accompagne de craintes : la Chine affiche un excédent commercial massif — estimé à plus d’un billion de dollars l’an dernier —, qui suscite des inquiétudes sur les pratiques de concurrence et les capacités excédentaires susceptibles d’entraver les économies partenaires.
Réactions en Europe et au‑delà
Plusieurs dirigeants européens ont salué les nouvelles opportunités d’investissement, tout en demandant des garanties contre les pratiques jugées distorsives. Le débat porte sur la manière de concilier ouverture au commerce chinois et protection des industries locales face à une concurrence jugée parfois déloyale.
Des analystes soulignent par ailleurs que la relation entre les grandes puissances n’est pas nécessairement un jeu à somme nulle. « Lorsque les États‑Unis adoptent une posture plus transactionnelle, un vide se crée, mais il n’est pas évident que d’autres puissances pourront le combler intégralement », observe un ancien diplomate désormais chercheur. Beaucoup de pays cherchent ainsi à entretenir de bonnes relations à la fois avec Washington et avec Pékin, sans vouloir choisir définitivement leur camp.
Perspectives
La mise en avant par la Chine d’un discours en faveur du multilatéralisme, combinée à des gestes concrets en matière commerciale, marque un tournant pragmatique dans sa diplomatie économique. Reste à voir si ces avancées suffiront à convaincre des partenaires soucieux à la fois d’accès aux marchés et de protections contre les déséquilibres commerciaux.
Dans ce contexte mouvant, la perception d’une « Chine partenaire fiable » pourrait influencer durablement les choix stratégiques de plusieurs pays occidentaux, au‑delà des réactions immédiates aux annonces et menaces venant de Washington.